Au premier semestre 2024, le nombre de ménages en attente d’un logement social est en augmentation de 100 000 demandeurs par rapport à 2023. Emmanuelle Cosse, la présidente de l’UHM, appelle le futur gouvernement à engager un changement de politique en matière de logement.
« Cette crise a été amplifiée par des éléments du contexte économique tels que la hausse des taux d’intérêts ou des coûts des matières premières », expose l’UHM dans son communiqué. Mais il rappelle aussi le rôle des politiques publiques menées depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron.
Les mesures politiques et budgétaires prises depuis 2017 qui ont réduit sensiblement la capacité de production et de rénovation des bailleurs sociaux
Selon l’UHM, la crise du logement social « a avant tout pour origine les mesures politiques et budgétaires prises depuis 2017 qui ont réduit sensiblement la capacité de production et de rénovation des bailleurs sociaux, baissant massivement les aides au logement. Les organismes Hlm ont ainsi été privés de plusieurs milliards d’euros de fonds propres, prélevés sur les loyers des locataires au profit du budget de l’État. »
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L’ancien ministre du Logement, Patrice Vergriete, avait annoncé en octobre 2023, en clôture du congrès HLM à Nantes, une enveloppe de 1,2 milliard d’euros sur trois ans, soit 400 millions d’euros par an, pour rénover le parc social.
« Le gouvernement démissionnaire n’a pas tenu ses engagements (…) Cette enveloppe a d’ores et déjà été gelée sans débat préalable en juillet par (le ministre de l’Économie démissionnaire) Bruno Le Maire, de plus de la moitié », a fustigé Mme Cosse. L’ancienne ministre du Logement sous François Hollande a déploré que « le gouvernement [n’ait] pas été capable de tenir six mois sur un engagement qu’il a pris, qu’il a porté dans la loi de finances, c’est absolument inadmissible ».
Le gouvernement démissionnaire avait présenté au printemps un projet de loi sur le développement de l’offre de logements abordables. Ce texte prévoyait notamment une réforme de la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU) ou un durcissement des critères d’occupation des HLM. Le texte devait être débattu en séance publique au Sénat à compter du 18 juin, mais son examen a été suspendu en raison de la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par le président de la République, Emmanuel Macron.
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