A la fin de l’été nous avions décidé de créer une rubrique concernant l’économie et les entrepreneurs issus des banlieues. Ce texte fait suite au premier publié sur l’histoire de Bakary Kamara.

Après son expérience comme développeur, Bakary commence sérieusement à envisager de nouvelles alternatives et se renseigne sur la création d’entreprise et puis un jour, c’est le déclic pour lui et sa compagne : pourquoi ne pas créer un magasin de sport spécialisé dans le football ! Le concept existe sur Paris et Bakary a l’intuition qu’un marché existe sur Rouen. Après tout la région compte de nombreux clubs et associations de football, suffisamment de passionnés qui apprécieraient probablement de disposer d’un magasin capable de répondre à leurs besoins spécifiques. Bakary pense tout d’abord à créer une « grande surface du football » mais rapidement il réalise qu’il faut rester prudent pour mettre toutes les chances de son côté.

Pour financer son projet, le couple décide que l’entreprise doit pouvoir vivre sans revenus durant trois mois. Bakary et sa compagne rassemblent 200 000 Francs et pour compléter le financement il leur faut trouver 100 000 Francs supplémentaires. Ils optent pour le prêt bancaire plutôt que l’ouverture de capital à une tierce personne. Bakary présente son dossier aux banques rouennaises, malheureusement elles refusent de le financer l’une après l’autre car elles ne prennent pas les décisions de prêt commercial directement en succursale. Heureusement pour lui, Bakary a aussi l’idée d’aller voir les succursales en région, en dehors de Rouen, et il s’aperçoit rapidement que sur ces sites son interlocuteur est habilité à décider ; il défend son projet avec suffisamment d’ardeur pour décrocher le prêt dont il a besoin et il obtient 50 000 Francs auxquels la chambre de commerce adjoint un prêt à taux zéro d’un montant équivalent. Les épreuves ne sont cependant pas terminées. Le couple doit maintenant convaincre les fournisseurs car ces derniers sont frileux. En plus, l’entreprise démarrant en plein milieu de la saison, il faut se contenter des « miettes » de collections que les fabricants veulent bien donner. Tout cela occasionne beaucoup de frais et bien entendu il ne faut pas espérer de remises particulières de ces mêmes fournisseurs. Enfin il faut aussi décider de l’emplacement du magasin. Le choix se porte sur un petit espace commercial sur la rive droite dans le centre ville de Rouen : le loyer y est plus cher, cependant ainsi situés, ils espèrent toucher l’ensemble de la clientèle potentielle, qu’elle vienne des quartiers huppés ou des quartiers populaires.

Le couple démarre donc l’entreprise K2FOOT au printemps 2003, à peine ­six mois après en voir eu l’idée. Rapidement ils embauchent un premier employé, ce qui permet à Bakary de dégager du temps pour faire la publicité de son magasin auprès des footballeurs de la région. Il fait la tournée des clubs et profite même de « L’Armada 2003 » pour organiser une animation football pour les enfants et ainsi faire la promotion de K2FOOT. Rapidement les efforts de Bakary paient et, finalement, le petit commerce se développe. Il améliore ses relations avec les fournisseurs, étoffe sa gamme et propose des articles originaux, offre des services de flocage et de personnalisation. Fin 2005, la superficie du magasin est doublée et de 1 employé à sa création, K2FOOT passe à 3 employés (deux à temps plein et un à temps partiel).

Mais l’histoire de Bakary, c’est aussi celle d’une innovation…

Le site web de l’entreprise de Bakary Kamara : www.k2foot.com 

Cédric Roussel

Cédric Roussel

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