Parc Monceau dans le VIIIème arrondissement de Paris. La jeunesse parisienne batifole dans l’herbe, les cadres ont sorti leurs lunettes noires aux montures dorées façon JAG de l’US Army, sandwich dans la main droite, portable collé à l’oreille dans l’autre, la tête inclinée vers l’arrière pour capter les rayons de ce splendide soleil. Pendant qu’un clip de la chanteuse Zazie se tourne dans le parc, à la sortie de celui-ci, un groupe de jeunes gens discute avec la police devant un immeuble de la place Rio de Janeiro.

Vers 9h du matin des membres du collectif Jeudi noir avec des étudiants et des jeunes travailleurs, qui occupaient l’immeuble ont été expulsés par les forces de l’ordre. « Il y avait en tout 30 à 40 personnes, la plupart était au travail. La douzaine de personnes encore sur les lieux ont été mises dehors », raconte Simon de Jeudi noir, décidé à porter plainte. « J’étais dans ma chambre. Je me suis réveillé avec les bruits des talkies-walkies. J’ai ouvert la porte et il y avait les flics là devant qui allaient défoncer la porte », rapporte José qui a été relâché par la police comme les autres occupants interpellés. Ce bâtiment qu’un occupant a décrit comme délabré et à l’abandon depuis une dizaine d’années, a déjà été squatté il y a un an et demi, et depuis le 16 février dernier rebelote. « Cette expulsion est illégale. Nous occupons les lieux depuis plus de 48 heures, à partir de là pour qu’une expulsion ait lieu, il faut une procédure judiciaire, et en plus il n’y avait pas d’huissier », s’indigne Patrick.

Si cet immeuble attire l’attention, c’est en raison de son propriétaire supposé, Hosni Moubarak, rien que ça ! Il le détiendrait via une compagnie d’assurance égyptienne. « Les anciens occupants nous ont raconté que la femme de Moubarak détiendrait 50% du bien, explique Patrick, c’est l’ambassade qui aurait appelé la police pour demander l’expulsion. Il y a eu sûrement des combines derrière entre les services de l’Etat… » A 15 heures ce mardi, des membres de l’ambassade occupaient les lieux.

Alors que les squatteurs demandaient à pouvoir récupérer leurs affaires, un coup de fil d’une personne se présentant comme membre de Jeudi noir a déclaré à la police qu’il n’était plus nécessaire pour ces derniers de récupérer leurs effets. Une chose est certaine : « Moubarak ne se cache pas dedans… », plaisante Simon.

Aladine Zaiane

Articles liés

  • Emploi : Reims, l’autre ville du Grand Paris ?

    Est-il plus facile de trouver un emploi à Reims ou à Paris, pour les habitants, diplômés ou non, des quartiers populaires de la cité champenoise ? Alors que beaucoup ont du se résoudre à quitter leur ville natale pour trouver des opportunités qui correspondent à leurs attentes, d'autres Rémois tentent de rebattre les cartes de l'emploi local. Témoignages.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 11/06/2021
  • À Bondy, salariés et employés désespérés face à la fermeture de l’Intermarché

    Les salarié·e·s de l’Intermarché de Bondy en Seine-Saint-Denis attendent depuis le 24 février la réouverture de leur magasin, fermé pour “raisons de sécurité” par la préfecture du département. Malgré les relances, la situation n’évolue pas. Les salarié·e·s du magasin témoignent de leur situation de plus en plus difficile sur le plan financier et mental. Reportage.

    Par Emeline Odi
    Le 29/04/2021
  • Abdoulaye, 67 ans, vendeur ambulant

    Ils tiennent ces petits étals de montres et de lunettes que l'on croise au détour d'un troquet ou d'un couloir de métro sans trop y prêter attention. Ahmed Ait Ben Daoud a pris le temps de se poser pour écouter l'histoire de l'homme derrière l'étal. Abdoulaye est vendeur ambulant dans la banlieue de Mulhouse. Récit.

    Par Ahmed Ait Ben Daoud
    Le 08/12/2020