Hier, mardi 23 octobre, l’Assemblée nationale a voté la première partie de la loi de finance du gouvernement de Jean Marc Ayrault. 319 voix « pour », 223 voix « contre » et 35 silencieux.  Parmi les « contre » l’UMP et le nouveau parti du centre UDI , parmi les 35 silencieux les élus du Front de Gauche, les verts et les radicaux de gauche. Les histoires de vote me rappellent mon prof de biologie en 3ème, quand on devait voter il demandait «  qui est pour ? » puis « qui est contre ? » et enfin  « qui s’en fout ? ». Mais il paraît qu’en politique et en matière de vote, le silence peut s’interpréter de diverses manières… la fameuse abstention. Pardonnez cette digression et reprenons.

Le projet de loi de finance, « PLF » pour les coutumiers du texte, est organisé en deux parties, l’une concerne les recettes et l’autre les dépenses de l’Etat. Mentionné comme ça on pense à un budget ni plus ni moins. En sortant de l’hémicycle et en renouant avec le monde concret, les recettes ce sont nos impôts directs (comme l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés) et indirects (comme la TVA). Les dépenses concernent ce que les différents ministères pourront dépenser pour accomplir les promesses de notre bien élu Président et mener leurs politiques publiques, comme par exemple la mise en place d’un reçu pour comptabiliser les contrôles au faciès… ah mais non pardon c’est un mauvais exemple puisque ce projet a été abandonné…  Mais je suis certaine que vous avez compris le principe.

Pour ne pas commettre d’impair, il convient en outre de rappeler qu’il s’agit uniquement du budget de l’Etat. Ceci exclu d’une part le budget des collectivités territoriales, lesquelles restent compétentes pour en traiter – nous en savons quelques choses en Seine St Denis avec la fronde menée par Claude Bartolone en 2010,  et d’autre part le budget de la sécurité sociale qui donne lieu à un vote distinct : celui sur la loi de financement de la sécurité sociale (et le fameux « trou de la sécu » qu’on n’aimerait certainement pas avoir su son propre compte en banque !). Pour ne pas s’embrouiller plus je ne parle pas de la participation française au budget européen et aux autres organisations supranationales.

Hier donc fut voté le fameux budget tant attendu, celui qui fait fuir les riches hors de France, celui qui menace les start-ups à un point tel qu’ils s’autoproclament « pigeons », celui qui devait mettre un terme aux niches fiscales… les grandes lignes ont été présentées par François Hollande le 9 septembre à la télévision. En effet, le premier budget de la gauche, depuis l’ère Jospin, était attendu : comment le gouvernement va-t-il s’en sortir avec un héritage de dette  (90% du PIB), la multiplication des annonces de plans sociaux et fermetures d’usine (PSA, Sanofi, Arcelor…), les perspectives de croissance en berne (+0,3% en 2013) et de hausse massive de chômage (10%) ? qui va payer quoi ? Est-ce qu’on demandera aux gens de payer plus en augmentant les impôts ou bien est-ce qu’on limitera les dépenses des services publics pour faire des économies ? Et le redressement productif est-ce gratuit ? Un suspens insoutenable…

Le dossier de presse mentionne : « solidaires et responsables pour une France plus juste » PLF 2013. I want to believe… si en parallèle on rajoute l’augmentation de la facture d’électricité, du gaz, du pain, de l’essence, du ticket de métro,  qui certes n’ont rien à voir avec le budget de l’Etat mais qui ont un impact clair et net sur mon budget personnel, je ne sais pas trop comment je vais financer non pas les fêtes de Noël (parce que c’est l’intention qui compte et qu’à l’époque de ma grand-mère une orange suffisait) mais tout simplement mon loyer et … mes impôts !

Juliette Joachim

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