L’Institut des métiers de l’artisanat de Villiers-le-Bel porte les stigmates de la nuit de violence de dimanche à lundi. « Ils ont mis le feu à sept voitures, quatre sont totalement brûlées, trois autres sont endommagées, raconte Abdallah Lachhab, responsable du pôle automobiles de ce centre d’apprentissage. Deux des voitures incendiées étaient mises jusqu’ici à la disposition de jeunes en recherche d’emploi, pour faciliter leurs déplacements, justement. A mon avis, c’est parce que les CRS sont intervenus que les dégâts n’ont pas été plus importants ici. » Des tôles et des capots dont les émeutiers s’étaient servis comme boucliers face aux forces de l’ordre ont été rangés.

Les personnels de l’institut ont été priés d’évacuer les lieux lundi à 18 heures, la police craignant que cet endroit soit à nouveau pris pour cible dans la nuit. La veille, des jeunes étaient passés par-dessus la grille qui clôt le parking à ciel ouvert du centre d’apprentissage pour commettre leur forfait. Les véhicules calcinés avaient ce matin la blancheur de la ferraille après le passage du feu.

L’Institut des métiers de l’artisanat, dont la porte principale, en verre, est en ruine, accueille 900 élèves venant de tout le Val-d’Oise et forment aux professions de peintre, de carrossier et de mécanicien. Il fait la fierté de ses professeurs. Pourquoi ? semble se demander Abdallah Lachhab. Pourquoi s’en sont-ils pris à ce lieu qui donne une formation et un travail aux jeunes ? « Ici, pourtant, c’est 100% de réussite aux examens, on fait voyager nos élèves, on les emmène en Europe, on participe au Camel Trophy », explique-t-il. Les portes du centre ont été fermées ce mardi. « On a libéré les élèves pour éviter d’éventuels dégâts, à cause des solvants et des produits chimiques qui se trouvent dans l’institut, véritables bombes à retardement », poursuit le responsable du pôle automobiles.

Professeur de matières générales (histoire, géographie, français), Mohamed Boumghar livre son analyse de la situation : « Il faudrait une volonté de créer une cohésion sociale, dit-il, dépité. Les hommes politiques sont payés pour trouver des solutions, pas pour créer des problèmes. Sarko, il résout des problèmes mais en même temps il en crée d’autres. »

Antoine Menusier

Bris de verre, bris de paroles


Villiers le Bel : Centre d'apprentissage saccagé
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Chou Sin

Antoine Menusier

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