A Paris vous voyez à chaque coin de rue d’immenses panneaux publicitaires Dior, Yves Saint Laurent, Chanel. Ils font partie du décor.  A 15 minutes de RER, il y a des panneaux qui ont les mêmes dimensions mais qui ne représentent pas vraiment la même chose. On laisse Charlize Theron qui posait chez Dior pour laisser place à une blonde inconnue qui travaille pour Kiabi, la mode à petit prix. Comme quoi les publicitaires ont bien compris à qui s’adresser sur les Champs Elysée ou au Pont de Bondy.

Si vous êtes Bondynois, vous avez peut-être constaté que les nouveaux panneaux publicitaires sont beaucoup plus écolos. En effet les poubelles à tri sélectif, grandeurs natures ont remplacé les mannequins.  C’est tout de suite moins sexy et il n’y a rien à vendre. Bien au contraire. Ces affiches représentent parfois un frigo sur un trottoir ou bien une poubelle renversée. Un chiffre est indiqué en gros à côté de ce même frigo, non on ne le propose pas à la vente. On ne va pas jouer aux devinettes plus longtemps, on veut lutter contre les déchets qui encombrent les rues. Une campagne publicitaire a donc été lancée. Enfin elle a l’apparence d’une campagne publicitaire mais il s’agit en fait d’une campagne de prévention.

Une petite explication s’impose. Il fut un temps où les éboueurs passaient tous les jeudis pour récupérer les encombrants des Bondynois. Désormais ils ne passent plus. Ce qu’il fait que lorsque quelqu’un veut jeter sa machine à laver, il ne peut pas la mettre dans la poubelle jaune bleue, verte, violette ou rose, il la met donc sur son trottoir. Seulement les trottoirs ne sont pas des dépotoirs, mais étant donné qu’on ne va pas mettre son lave linge dans sa poche, on est bien obligé de le mettre à un moment donné quelque part.

Une solution a donc été trouvée: dès qu’on souhaite se débarrasser d’un encombrant, il faut appeler les éboueurs pour qu’ils viennent le chercher avec leur super méga gros camion.

Sauf que beaucoup s’arrêtent à l’avant dernière étape du processus et se permettent de laisser leur déchets dans la rue et c’est là que les sanctions tombent. On ne sait pas vraiment sur quoi sont basées les amendes, on sait juste que ça fait mal au porte-monnaie.

Pour avoir plus de renseignement sur le sujet, j’ai appelé la mairie de Bondy. Après être passée par le service voirie, puis le service environnement, le service urbanisme, avoir écouté les vœux de la maire 15 fois, le standardiste commençait à me faire sentir son agacement, je le sentais à sa voix. On a fini par me donner un numéro bizarre qui commençait par 0800… en me disant que c’était eux qui s’occupaient de cette campagne. J’appelle et tombe sur une femme qui m’explique que je suis à la communauté d’agglomération. Cette même femme m’apprend qu’il y a une police environnementale qui repère les fautifs et qui sanctionne s’il le faut. Elle ajoute que le service dans lequel elle travaille «gère uniquement les encombrant, cela enlève une épine aux mairies».

Et lorsque je lui demande le pourquoi de cette campagne elle me répond que: «Les gens jetaient n’importe où et n’importe comment que c’était l’anarchie la plus totale, il fallait agir à un moment donné».

Elle m’informe que plusieurs villes de Seine St Denis comme Romainville, Noisy le sec et Bagnolet, ont aussi adopté cette politique. On a donc laissé Dior à Paris mais tant pis c’est pour la bonne cause.

Sarah Ichou

Articles liés

  • Emploi : Reims, l’autre ville du Grand Paris ?

    Est-il plus facile de trouver un emploi à Reims ou à Paris, pour les habitants, diplômés ou non, des quartiers populaires de la cité champenoise ? Alors que beaucoup ont du se résoudre à quitter leur ville natale pour trouver des opportunités qui correspondent à leurs attentes, d'autres Rémois tentent de rebattre les cartes de l'emploi local. Témoignages.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 11/06/2021
  • À Bondy, salariés et employés désespérés face à la fermeture de l’Intermarché

    Les salarié·e·s de l’Intermarché de Bondy en Seine-Saint-Denis attendent depuis le 24 février la réouverture de leur magasin, fermé pour “raisons de sécurité” par la préfecture du département. Malgré les relances, la situation n’évolue pas. Les salarié·e·s du magasin témoignent de leur situation de plus en plus difficile sur le plan financier et mental. Reportage.

    Par Emeline Odi
    Le 29/04/2021
  • Abdoulaye, 67 ans, vendeur ambulant

    Ils tiennent ces petits étals de montres et de lunettes que l'on croise au détour d'un troquet ou d'un couloir de métro sans trop y prêter attention. Ahmed Ait Ben Daoud a pris le temps de se poser pour écouter l'histoire de l'homme derrière l'étal. Abdoulaye est vendeur ambulant dans la banlieue de Mulhouse. Récit.

    Par Ahmed Ait Ben Daoud
    Le 08/12/2020