Près de 150 étudiants en recherche de stage et sept entreprises ont répondu présents, vendredi, à l’appel de MozaïkRH, cabinet de recrutement associatif tourné vers la diversité. Lieu du rendez-vous, dans le 10e arrondissement de Paris : le Comptoir général, un cabinet de curiosités dans un décor boisé qui évoque les explorateurs. L’Oréal, Cap Gemini ou GDF-Suez sont de la partie.

Laurence Vertueux, 22 ans, également. Etudiante en dernière année à l’ISCP, une école de commerce classée dans la Conférence des grandes écoles, elle a fait le déplacement depuis Vanves (92), où elle habite. « Je recherche un stage dans le développement durable pour janvier. » Et ça urge. Laurence est confiante.

MozaïkRH lui a calé un entretien avec une responsable RH d’Areva, la référence dans le secteur de l’énergie. « J’ai rencontré la responsable RH de l’unité TA. » Traduction : technique et atome. « C’est le département qui gère les questions des transports et de la défense », poursuit la jeune étudiante, bien renseignée sur ce fleuron de l’industrie nucléaire française.

MozaïkRH a prévu des ateliers afin de préparer les jeunes à l’entretien. « On a appris à se présenter face à un recruteur en trois minutes », explique Laurence. Exercice ô combien enrichissant. « Cela m’a beaucoup servi. D’autant que ce sont les stagiaires eux-mêmes qui s’évaluent. Chacun devait donner son avis sur la prestation de l’autre. » Verdict pour Laurence ? « Mon stress était trop visible. Trop de « euh, euh ». Je n’arrêtais pas de me balancer sur la chaise… » Les jeunes ont l’œil.

Les conseils prodigués par ses collègues d’une journée, elle les met en pratique sans attendre. « Face à la recruteuse d’Areva, je me sentais plus à l’aise pour me présenter et décrire mes expériences passées. » Du coup, Laurence suscite l’intérêt de son interlocutrice. « L’entretien était calé sur 15 minutes mais il duré, facilement, 20 minutes », lance-t-elle, le sourire aux lèvres. La jeune femme a une idée précise de ce que doit être son stage. « J’ai eu des expériences dans le monde associatif et des ONG. J’espère que j’aurais un stage responsabilisant. »

Laurence connait la réputation des grandes entreprises sur la question. « On m’a dit que les stagiaires y ont peu de responsabilités… », rapporte-t-elle. Mais douter n’est-il pas l’apanage des étudiants ? Ainsi de ces quatre jeunes filles postulant chez l’Oréal avec qui Laurence a passé la journée. Elles étaient très stressées. Même si elles se disent qu’elles le valent bien, la concurrence pour entrer dans l’entreprise du CAC 40 est rude. Lors de la présentation des entreprises vendredi, l’Oréal a mis la pression ne se contentant pas de rappeler les raisons de sa participation à Mozaïk stage. « Le représentant a précisé ce qu’il attendait de l’entretien avec le stagiaire. Bref, l’Oréal a mis la barre haut », note Laurence. Pourquoi ferait-on des exceptions pour les étudiants de la diversité ?

Les profils méritants sont légion dans les quartiers populaires. Reste à savoir ce que Mozaïk Stage va donner. Laurence est se veut prudente sur les résultats de ce type d’opération : « Le concept est très bien, affirme-t-elle, mais j’attends de voir les taux de placement. » Saïd Hammouche, le directeur général de MozaïkRH, et son équipe ne font pas que dans l’événementiel. Leur démarche a du fond. Ils ont présenté, vendredi, un sondage sur les discriminations dans l’emploi, réalisé par Opinion Ways. On y apprend, par exemple, que 84% des Français ont une vision « très positive » des jeunes diplômés issus des quartiers populaires. En même temps, 55% des personnes interrogées leur associent des problèmes d’intégration. Paradoxal.

Un constat qui parle à Laurence. C’est plutôt les entreprises présentes vendredi qui la questionnent : « Je ne sais pas si elles font cela par conviction ou par affichage. Sept entreprises, ce n’est pas énorme », confie-t-elle, sur les 40 comptabilisées du CAC. En tout cas, le débriefing de la journée est plutôt prometteur. Selon Saïd Hammouche, « 65% des jeunes rencontrés par les entreprises vendredi ont été validés comme des bons candidats ». Mais décrocheront-ils un stage ? Nous vous tiendrons au courant.

Nadia Moulaï

Nadia Moulaï

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