Cela fait maintenant plus d’un an que la fondation Edmond et Benjamin de Rothschild monte un projet : celui de faire partir des entrepreneurs sociaux pendant deux semaines sur le campus de Columbia à New York. La Ruche est un de leurs partenaires. « C’est un collectif d’entrepreneurs sociaux réunis dans un même endroit, au Canal Saint Martin à Paris ; chacun peut venir travailler dans l’espace. La Ruche existe depuis mai 2008 ; plus que l’endroit, c’est le dynamisme qui se fait au sein de ses murs qui est important », m’explique Charlotte Hochman, directrice du développement de La Ruche, dont elle est la co-fondatrice.
 
« L’idée m’est venue de créer cet espace après en avoir vu des similaires en vivant à l’étranger. C’est le partage entre les gens qui donne la valeur au lieu : chaque vendredi midi par exemple, les entrepreneurs déjeunent ensemble pour échanger sur leurs projets- c’est un environnement enrichissant et convivial. Une quarantaine de personnes travaillent ici, dans des entreprises ou des associations, et bien qu’elles soient différentes, toutes sont liées par une chose: ce sont toutes des structures qui répondent à un défi de société avec un modèle économique, c’est-à-dire sans dépendre des subventions, en développant leur autonomie financière ». Définition même de l’entreprise sociale, m’expliquera-t-elle plus tard.

Avec La Ruche, les universités de Columbia et Cambridge sont partenaires de la Fondation Edmond et Benjamin de Rothschild. Il s’agit là d’un projet international où des gens venus de France, d’Angleterre et des Etats-Unis vont partager, découvrir et apprendre durant deux semaines. L’autre aspect du « voyage » outre-Atlantique, c’est la discussion autour du dialogue entre les cultures juives et musulmanes. « Le but est de réunir des personnes juives et musulmanes ainsi que des personnes qui s’intéressent au dialogue entre ces cultures. Ce dialogue est un des axes d’engagement de la Fondation Edmond et Benjamin de Rothschild ». Elle ajoutera: « Attention, ce n’est pas un programme sur Israël ! La question est toute autre. C’est plutôt : « comment vivre cette identité juive et musulmane en France, aux Etats-Unis, en Angleterre ? C’est vraiment pour ouvrir un dialogue ». Ce projet encourage aussi l’émergence d’entreprises sociales, et veut favoriser activement la réussite des entrepreneurs concernés.

Les trente grands chanceux (dix par pays) qui participeront à l’aventure partiront tous frais payés aux Etats-Unis et seront formés par des professeurs de Columbia et de Cambridge.

Les conditions pour pouvoir participer ? « Que leur entreprise sociale existe depuis 1 à 4 ans, et qu’elle soit leur activité principale.. On ne demande pas à ce que le projet soit déjà autonome financièrement mais qu’il ait un modèle pour le devenir à l’avenir. Et puis, étant donné que le voyage se fait aux Etats-Unis, les candidats doivent pouvoir s’exprimer en anglais et comprendre les autres, pour pouvoir communiquer avec les autres entrepreneurs et suivre la formation ».

Charlotte Hochman conclut en disant : « Je pense vraiment que ça va être un programme fascinant. Et puis les Français ont besoin d’aller voir comment se passent les choses ailleurs pour mieux s’ouvrir ici. Le modèle anglosaxon est un modèle intéressant : c’est une manière plus décontractée de travailler mais aussi plus professionnelle. Faire partie d’un petit groupe où diversité et points communs se lient est quelque chose d’enrichissant… cela permet d’étendre son réseau au niveau international, de prendre confiance en soi et… de connaitre New York, au passage ! »

Les dépôts de candidatures sont ouverts jusqu’au 30 janvier 

Ndembo Boueya

Ndembo Boueya

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