Le petit Palais des Champs-Élysées a consacré deux jours à la jeunesse. J’ai pu assister à l’une des tables rondes. Ce jour là, les collégiens et les lycéens parisiens étaient au rendez-vous. L’occasion pour eux de recueillir conseils et bon plans, mais aussi, de pouvoir enfin s’exprimer avec des acteurs du monde économique, dire leurs envies, leurs attentes, leurs ambitions, leurs rêves de pouvoir enfin agir pour la société.

C’est justement ce qu’ont voulu encourager Philippe Hayat fondateur de «100.000 entrepreneurs », Patricia Sarrant directrice de communication de l’association Tous pour la musique, Véronique Di Benedetto, directrice général de groupe ECONOCOM et enfin Salima Saa, nommée présidente du conseil d’administration de l’Acsé. Tous ont fait le déplacement afin de les motiver pour changer les choses, les amener à défendre leurs idées et projets, mais surtout, les inciter à réfléchir, dès maintenant, à leur avenir.

Philippe Hayat est le premier à prendre la parole et commence par expliquer son parcours professionnel. A à peine 28 ans, il démarre son cursus d’entrepreneur et fonde, il y a 4 ans, son association 100.000 entrepreneurs en ayant investi et vendu des entreprises. Il annonce la couleur du monde du travail, toujours inaccessible pour certains jeunes. Conscient des  malheurs qui s’abattent sur la jeunesse Française, il ne croit pas en la fatalité. Selon lui, la meilleure façon de se révolter contre cette situation est l’action. Il propose donc à la jeune petite meute complètement  captivée par ses paroles, de devenir entrepreneur.

Que se soit dans sa propre entreprise ou celle d’un ou d’une autre, ou même dans une association ou en profession libérale, il faut savoir aller jusqu’au bout de ses idées pour mieux récolter les fruits de son travail assure-t-il. Il ajoute pour finir son allocution alléchante: « Tant que l’envie demeure, le succès viendra toujours, même après bien des détours. Vous grandirez à chaque obstacle surmonté, vous vous densifierez après chaque petite victoire. Entreprendre, c’est finalement agir pour se sentir vivant ».

C’est au tour de Véronique Di Benedetto de prendre la parole. Cette femme a réalisé une carrière de 30 ans entamée chez IBM, avant d’être nommée directrice adjointe du groupe Econocom et Directrice générale d’Econocom France, elle occupait auparavant le poste de Directrice générale déléguée chez ECS. Véronique démarre par exprimer son attachement au rôle social et sociétal de l’Entreprise. « L’entreprise n’est pas une chose terrible. Même en étant employé, on peut créer ». Son but est de faire en sorte que les entreprises s’engagent pour que les jeunes puissent s’y intégrer.

Salima Saa a été nommée Présidente du conseil d’administration de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (l’Acsé). Parfois surnommée par les médias « la nouvelle Rachida Dati » ou encore « l’étoile montante » (de la campagne) de Sarkozy, elle s’est très vite incluse, selon elle, dans une lute pour l’emploi, l’insertion et l’éducation. Elle annonce:« La priorité de mon mandat, c’est l’emploi. Je vais créer un club des entreprises avec les partenaires qui ont un réseau. On peut aider à ce que le monde des quartiers et celui des entreprises se côtoient » car pour elle, « l’emploi, c’est la clé de tout ! ». « Aujourd’hui, je suis venue encourager et écouter. S’il y a des bonnes idées quelque part, je suis pour les dupliquer partout. L’Acsé peut-être fédératrice. Sur le terrain, les acteurs doivent savoir qu’ils peuvent compter sur nous. »

Très vite, les questions fusent : « Qu’en est-il de la parité homme/femme au sein des entreprises? », ou encore,  «Comment s’y prendre pour devenir entrepreneur ?» Philippe Hayat répond:« Pour devenir entrepreneur, il faut tout d’abord commencer par croire en soi, se donner les moyens d’y arriver, de réussir. Mais surtout, il faut partir de ses envies et s’écouter. En France, nous sommes dans une situation où les jeunes ne s’écoutent pas, donc ils ne cherchent pas à savoir ce qu’ils veulent. C’est pourquoi il faut très tôt apprendre à s’écouter et réfléchir sérieusement sur nos envies. Sinon, on se retrouve très vite à se lever chaque matin sans savoir pourquoi ».

Ce « RDV des jeunes » était l’occasion pour tous les acteurs du monde du travail, de rassurer les collégiens et lycéens réunis, et de bien faire comprendre qu’« ils sont l’avenir de ce pays » et que eux seuls « représentent aujourd’hui le potentiel de demain ». Les jeunes sont la « principale ressource naturelle de ce pays », s’est-il dit. Ils sont aussi la classe d’âge la plus pauvre en France. Dans notre pays, 20% des 18-25 ans vivent en dessous du seuil de pauvreté…

Yamina Jarboua

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