Emilie Lai est une jeune auto-entrepreneuse marseillaise. Elle fait partie des sept jeunes femmes qui ont reçu une dotation mardi 15 avril lors de la journée sur l’entrepreneuriat au féminin, afin de les aider dans leur projet. Rencontre.

« A la sortie de mes études je me disais que je ne serai jamais chef d’entreprise, se remémore Emilie Lai, mais c’est ce que j’aime. » Cette jeune femme de 26 ans, passionnée par le monde du paysage et des plantes, est la créatrice d’une petite entreprise, « Elle jardine ». Emilie une petite brune pleine d’énergie raconte son parcours avec entrain. Passée par un collège « pas très réputé où je n’avais pas une très bonne moyenne », elle décide de s’orienter vers un BEP spécialisé dans l’horticulture. « Comme ça marchait bien, j’ai continué », explique-t-elle. Elle enchaîne donc un BTS puis une licence pro. « En licence j’en avais un peu marre des études, admet-elle. Et les Master Pro étaient plus artistiques que techniques comme je le souhaitais. » Alors elle se met à la recherche d’un emploi.

Elle entre sur le marché de l’emploi en 2009. « Mais c’est le drame, plaisante-t-elle. C’est la crise et il est très difficile de trouver un emploi ». Elle travaille notamment dans des jardineries pour essayer de rester proche de son domaine mais c’est loin d’être l’activité qui la passionne. « J’ai fait le constat que les offres d’emplois n’étaient que des postes de collaboratrices à mi-temps, regrette-t-elle. Les besoins n’étaient qu’intermittents. » C’est à partir de ce constat qu’elle imagine réaliser des prestations en freelance. Mais après quelques calculs, elle en arrive à la conclusion qu’elle ne peut pas vivre uniquement de cette activité.

A côté de cela, « j’ai constaté que mes amis achetaient des maisons avec des petits jardins ou des petits balcons. » C’est donc ce type de public particulier qu’elle décide de viser en plus du freelance en cabinets et entreprises. « Je cible les gens qui souhaitent des fraises et des légumes frais dans leur jardinet ou les gens qui veulent aménager leur balcon », explique-t-elle. Emilie Lai propose donc ses services pour faire le jardinage chez les particuliers.

« Je suis comblée »

« Elle jardine », réunit donc ces deux activités. Mais avant de réussir à lancer officiellement son entreprise, Emilie a dû traverser quelques épreuves. « En décembre 2012, j’étais au chômage et c’était la détresse, ironise-t-elle. Je sais faire du paysagisme mais mon problème c’est que je ne sais pas créer une entreprise ! » Elle goûte alors au parcours du combattant. « J’ai été à la CCI qui m’a redirigée vers la chambre des métiers qui elle-même m’a renvoyée sur la chambre des métiers et qui m’a dit d’aller voir la CCI… », lève-t-elle les yeux au ciel.

Après avoir fait le tour des institutions officielles sans trouver de réponse, elle se tourne alors vers les associations. Planet Adam l’aide à y voir plus clair : « J’ai présenté mon projet pour savoir si c’était réalisable, détaille-t-elle. On a passé un mois à tout définir. » Elle choisit alors le statut d’auto-entrepreneur pour débuter car « je n’avais pas envie de prendre de crédit et j’avais peu de fonds. »

« Elle jardine » naît officiellement le 15 mai 2013. Emilie envisage de passer bientôt en statut de société. « J’arrive à me dégager un tout petit salaire mais je suis comblée, sourit-elle. L’entreprise se porte bien financièrement. » Elle concède cependant qu’elle peut se permettre son activité peu rémunératrice parce que son conjoint exerce son activité de bucheron en CDI.

Même si elle ne se met pas de limites, elle espère que dans quelques années, elle pourra se dégager un vrai salaire, faire le choix de ses clients et de ses projets ainsi que pourquoi pas engager quelqu’un. « Je ne me donne pas de durée pour aboutir à ces objectifs, assure-t-elle. Je les reverrai peut-être lorsque ma vie de famille prendra le dessus. »

Charlotte Cosset

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