Chère Liliane, on le sait bien, la vie n’est pas simple. Tu as dû en vivre des belles, des vertes et des pas mûres, mais celle-là, tu n’a pas dû t’y attendre. Tu n’as même pas eu le temps de t’y préparer. Du jour au lendemain, la maudite année 2010 a frappé dans ta vie. Et cette chienne s’est acharnée. Liliane, ô douce Liliane, voir le ciel qui nous tombe sur la tronche, c’est jamais facile. Surtout quand il ne prévient pas. Voir l’orage qui fend les nuages et nous tombe sur les épaules, c’est toujours horrible. Mais Maudite 2010 l’a décidé ainsi.

Liliane, amie Liliane, tu es un peu notre arrière-arrière-grand-mère spirituelle à tous, notre Mère Noël en laquelle on voudrait croire. Tu es surtout celle qui nous a animés, excités, tant passionnés et parfois révoltés dans des débats endiablés. Celle que l’on a défendue, du début à la fin. De François-Marie Banier qui t’a fait la cour pour 1 milliard, jusqu’à Eric Woerth à qui tu as fait la cour pour une Légion, en passant par ta bite en or. Ah, cette bite en or ! Ton côté coquin et taquin. On t’imagine à la boutique, cheveux bien peignés-parce-que-tu-le-vaux-bien, veste bien ajustée-parce-que-tu-le-vaux-bien, chez un de ces marchands fous qui t’a vendu sa bite. Et toi, l’amenant à pleines mains jusqu’à la poser sur ton bureau …

Liliane, cache tes rides qu’on ne saurait voir et saute dans nos bras. Sois celle qui nous comble, comme tu as comblé Banier. Sois celle qui nous aime comme tant t’ont aimée pour ce que tu n’étais pas. Sois celle qu’on aimera plus pour ses dollars que pour sa chirurgie. Liliane, tu n’es pas la personnalité d’une année, mais d’une Vie. Tu es celle qui a fait des femmes des modèles-qui-le-valent-bien, tu es celle qui a fait des crinières de nos mères de véritables cheveux soyeux. A jamais, Liliane, nous t’en serons reconnaissants !

Chère Liliane, tu es surtout celle, cette année, qui nous a offert le plus beau happy-end de Noël, mieux que Woody Allen, mieux qu’un feuilleton merdique sur TF1 à 14h55. Face à ta fille (notre soeur, pour faire court), tu t’es montrée d’abord intransigeante puis tu as montré le cœur en or qui battait sous tes fourrures. Tu es loin d’être la Mamie Zinzin des Guignols. Tu es notre Mamie friquée-mais-avec-un-coeur-énorme-mais-pas-trop-quand-même qu’on aime. Liliane, tu es celle à laquelle on s’est étrangement attaché, la seule qui peut rendre Claire Chazal minable tellement elle crie, tellement elle te croit sourde.

Mamie Liliane, on aurait pu choisir Diam’s et son voile scandaleux, Carla Bruni et son scandaleux, Fadela Amara et son plan foireux, mais on t’a choisi toi. Parce que l’année sans toi, ça aurait été l’emmerde. Parce que la presse sans toi , ça aurait été Hortefeux et la bande de kékés. Parce que les agneaux et autres lapins crétins sans toi, ils seraient encore vivants. Toi et tes fourrures avez animé nos journées. Maintenant, Mère Noël, nous avons une demande. Un vœu. Un souhait. Pour 2011, nous voudrions être tes deux petits François-Marie Banier… Et promis, on ne demandera rien d’autre !

Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

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