Les vacances d’été vont souvent de pair avec repos et départ à la mer. En ce qui me concerne, pendant une semaine, j’ai délaissé télévision et maillot de bain pour combinaison de sécurité et sac à dos, pour effectuer mon premier « Chantier citoyen ».

C’est, voguant dans les couloirs de mon lycée, nonchalant, qu’en ce jour de mois de mai un énorme attroupement dans le hall de mon lycée se présente. Cette foule similaire à la découverte d’un Ronflex à la Villette m’intrigue. « Mais pourquoi autant de monde dans l’endroit que tous les lycéens évitent d’habitude? ».En temps normal, personne ne s’attarde dans le hall où vie scolaire, surveillants et bureau du CPE se situent.

De loin, j’aperçois des lycéens tout excités et bruyants. Les surveillants ne les lâchent pas du regard. Curieux à mon tour, je m’avance dans ce joyeux chahut quand brusquement un inconnu qui avait visiblement confondu le marché de Sevran avec mon lycée crie : « Qui veut gagner 150€ en une semaine ?« . Il n’en fallait pas plus pour me motiver. L’homme, imposant et pas très rassurant, hurlait comme si sa vie en dépendait. Arnaque ou pas, c’est avec beaucoup d’espoir que je remplis le formulaire que l’inconnu me tend. Papier où devait figurer nom/prénom/adresse/âge/numéro de téléphone/période de disponibilité et enfin motivation. C’est donc sans hésitation que dans la partie « motivation« , je rédige un éloge à la rémunération, en ajoutant bien évidemment (avec l’honnêteté de Sarkozy):« Réaliser pareille expérience permettrait de renforcer ce sentiment d’utilité que je recherche tant ».

Ma semaine débute le 16 août. Au total, plus de 150 jeunes Tremblaysiens venant essentiellement des lycées Hélène-Boucher et Léonard-de-Vinci, ont participé au « Chantier citoyen » cette année. Un dispositif original, vieux de 8 ans et propre à ma ville, Tremblay-en-France, et dont seuls ses citoyens âgés d’au moins 17 ans peuvent bénéficier. Accompagné de nombreux camarades que j’ai l’habitude de croiser dans les couloirs de mon lycée, et encadré par quelques animateurs, j’enchaîne les missions aussi instructives que différentes. Ramassage de détritus, passage radio, distribution de flyers, jardinage et découverte de la ville. La journée de travail commence toujours au « Pôle Ado« , à 9h. Enfin, 9h pour les autres surtout et 9h15 pour moi. Non pas que je bénéficie d’un traitement de faveur, loin de là : il s’agit d’un manque évident de ponctualité de ma part auquel les animateurs ont dû se faire avec le temps.

Souvent répartis en groupes et vêtus de combinaison de sécurité, nous nous hâtons à la tâche toute la matinée. Après l’effort, le réconfort. Midi sonne l’heure de la pause déjeuner, que je prends chez moi. Retour au travail à 13h30 (n’oubliez pas de compter le retard !) jusqu’à 17h, heure de fin officielle. Toutefois, généralement, les animateurs nous laissaient partir plus tôt. Les horaires fixes nous installent dans une sorte de routine, mais jamais ennuyante car les missions ne se ressemblent pas. Le maire de Tremblay s’est invité à l’une d’entre elles. Moi gêné, lui, détendu. À vrai dire, j’ignorais qui il était. J’ai appris au détour de la conversation qu’il s’agissait de François Asensi, le fameux ! Sa fausse simplicité et sa décontraction de façade ont failli me faire tomber dans le panneau de l’homme politique proche de ses administrés. Il a donc pris le temps de discuter avec nous, adolescents, des problèmes que peut connaître un jeune Tremblaysien. Une conversation sans langue de bois. Pendant quelques minutes, l’édile a laissé de côté ses collègues députés les reléguant au second plan, pour faire de nous sa priorité absolue. C’est à ce moment-là que j’ai compris où résidait l’objectif du « Chantier citoyen » : accomplir des actions ayant pour but de développer ce fameux sentiment de citoyenneté, un sentiment que la jeune génération ne connaît pas encore.

C’est donc en jonglant entre travaux d’intérêt public et moments de convivialité que ma semaine s’est déroulée. En cette période de fin de vacances, je découvre une nouvelle ville, un Tremblay où l’engagement associatif reste actif. Pendant quatre jours, les animateurs n’ont cessé de louer notre ville. C’est avec détermination qu’ils voulaient nous persuader que « NON ! Tremblay n’est pas le lieu que les médias imaginent« , qu’elle est remplie de vie, qu’elle a une oreille à prêter aux jeunes attentifs. Les chantiers citoyens peuvent représenter une opportunité. Celle pour un jeune de découvrir le monde du travail. Celle pour un Tremblaysien de se sentir concerné par les activités citoyennes. Celle enfin pour moi d’apprendre plus sur la ville en 4 jours que depuis que j’y vis depuis 7 ans.

Azzedine MAROUF

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