Ce samedi matin a eu lieu une manifestation pour la défense de la reconstruction de la Maternité des Lilas.  Devant l’établissement, plusieurs membres du personnel sont vêtus de tee-shirts sur lesquels sont inscrits «je soutiens la maternité», munis de bandeaux à la Rocky et de pompons de majorette aux couleurs de la ville.

Une famille observe les fenêtres de la maternité. L’enfant demande à sa mère: «Maman, tu t’rappelles de la chambre où t’étais ? » Véronique quant à elle, est venue de l’Essonne pour «soutenir le bien fondé de cette maternité, le savoir-faire et ainsi que les professionnels qui y sont dedans». Elle avait accouché de ses deux enfants il y a 22 et 13 ans dans cette même maternité et trouve «dommageable que la politique actuelle souhaite créer des gros pôles d’accouchement».

Avant d’entrer dans la maternité, je rencontre Houda, une jeune femme enceinte qui ressort de son rendez-vous médical. Elle m’indique qu’elle a été reçue par un médecin intérimaire et qu’elle avait peur de ne pas pouvoir accoucher en janvier prochain. Le médecin lui aurait confié «j’espère que vous allez pouvoir accoucher ici».

Lors de la conférence de presse, un certain nombre de personnalités politiques et élus prennent la parole: Daniel Guiraud, Maire de la ville, déclare que «c’est la première fois que je vois un projet interrompu alors même qu’on va poser la première pierre». Claude Bartolone, député de Seine-Saint-Denis et président du conseil général, indique «qu’aux Lilas et en Seine-Saint-Denis, vous êtes sur un territoire où il y a de plus en plus de naissances et que nous avons besoin de ces maternités». Harlem DÉSIR, premier secrétaire du PS par intérim a indiqué «qu’il y a non assistance à maternité en danger».

Eva JOLY, députée européenne EELV, quant à elle, a déclaré que «pour une femme de mon âge, voir le droit à l’IVG remis en cause non pas par la loi mais tout simplement pour des raisons financières, c’est insupportable». Jean-Luc Mélenchon, candidat à l’élection présidentielle pour le Front de gauche a indiqué que «pour aujourd’hui comme pour demain, si vous y mettez la main à la patte, l’idée c’est quand même l’humain d’abord». Arlette Laguiller est ensuite intervenue, elle a précisé, avant de déclarer qu’elle n’était pas candidate aux présidentielles, qu’elle apportait son soutien non pas seulement parce qu’elle était Lilasienne mais parce qu’elle croit en la maternité qui participe à un mouvement qui est «qu’on peut changer les choses».

Le mouvement s’est poursuivi devant l’hôtel de ville où la manifestation a officiellement démarré. Guidée par un orchestre, la foule avance tranquillement munie de banderoles sur lesquelles sont inscrites «LA MATERNITÉ DES LILAS VIVRA !», «TOUS ENSEMBLE AGISSONS CONTRE LA FERMETURE DE LA MATERNITÉ DES LILAS» ou encore «Je suis né(e) aux Lilas».

Les manifestants suivent le boulevard de la Liberté puis prennent l’avenue du maréchal Juin afin de passer devant la Clinique des Lilas où des femmes habillées en pyjamas coloriés en rouge au niveau des entrejambes portent un panneau «ON A REFAIT COMME MÉMÉ».

Direction le chantier de construction de la nouvelle maternité. Tous en chœur, les manifestants crient: «La Maternité des Lilas, où ça? Aux Lilas!», ou encore «tous ensemble, tous ensemble, ouais! Ouais!»

Pascale, psychologue membre du Collectif Maternité des Lilas m’indique que le Collectif agit pour que les parents puissent venir et accoucher dans de bonnes conditions. «On est très solidaires, on ne travaille pas à la maternité par hasard!»

Ensuite, retour à la case départ: le Collectif Maternité des Lilas se mettra à danser pendant environ 10 minutes en plein milieu de la Rue de Paris avant de retourner devant la Mairie. La manifestation s’achève par une «photo de classe» sur le parvis de l’Hôtel de ville. Les syndicats CGT présents m’ont indiqué que la manifestation a réuni entre 2000 et 3000 personnes et qu’elle s’est très bien déroulée puisqu’il n’y a eu aucun incident.

Le Docteur Marie-Laure BRIVAL, chef de service Gynécologie-Obstétrique de la Maternité des Lilas a indiqué «qu’on ira jusqu’au Ministère, jusqu’à voir Monsieur SARKOZY». Elle a terminé par «nous sommes là Monsieur Evin, nous sommes là Monsieur Xavier BERTRAND, nous sommes là Monsieur SARKOZY, la Maternité des Lilas vivra!»

Emira BK

Articles liés

  • Emploi : Reims, l’autre ville du Grand Paris ?

    Est-il plus facile de trouver un emploi à Reims ou à Paris, pour les habitants, diplômés ou non, des quartiers populaires de la cité champenoise ? Alors que beaucoup ont du se résoudre à quitter leur ville natale pour trouver des opportunités qui correspondent à leurs attentes, d'autres Rémois tentent de rebattre les cartes de l'emploi local. Témoignages.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 11/06/2021
  • À Bondy, salariés et employés désespérés face à la fermeture de l’Intermarché

    Les salarié·e·s de l’Intermarché de Bondy en Seine-Saint-Denis attendent depuis le 24 février la réouverture de leur magasin, fermé pour “raisons de sécurité” par la préfecture du département. Malgré les relances, la situation n’évolue pas. Les salarié·e·s du magasin témoignent de leur situation de plus en plus difficile sur le plan financier et mental. Reportage.

    Par Emeline Odi
    Le 29/04/2021
  • Abdoulaye, 67 ans, vendeur ambulant

    Ils tiennent ces petits étals de montres et de lunettes que l'on croise au détour d'un troquet ou d'un couloir de métro sans trop y prêter attention. Ahmed Ait Ben Daoud a pris le temps de se poser pour écouter l'histoire de l'homme derrière l'étal. Abdoulaye est vendeur ambulant dans la banlieue de Mulhouse. Récit.

    Par Ahmed Ait Ben Daoud
    Le 08/12/2020