Avec Noël, la rentrée scolaire est la période de l’année durant laquelle les parents dépensent le plus pour leurs enfants. Entre les fournitures scolaires demandées par des professeurs de plus en plus exigeants, les vêtements, le cartable, sans oublier la nouvelle paire de baskets, l’addition se fait vraiment salée. Quand on a plusieurs enfants, c’est encore pire.
Caissière à Auchan Bagnolet, j’ai pu faire un petit constat face à mon laser et mes clients parfois excédés par les sommes qu’affiche l’écran une fois que leur caddie est plein. À voir la liste qu’ils ont entre les mains, on imagine rapidement à combien revient la rentrée pour chaque enfant, selon sa classe. À partir du collège, on n’a plus une maîtresse mais un prof par matière et chacun impose un matériel précis à ses élèves et tout trouvé, ça ressemble à Fort Boyard pour ces parents. Affolés, stressés, entre les gosses qui réclament de la marque et ces fameux Hello Kitty et Spider Man qui encombrent les rayons, tout est fait pour gonfler la note.
Mais certains parents arrivent à payer trois fois moins pour le même nombre d’enfants. Les marques ? Ils ne connaissent pas. Les étalagent qu’ils visent, ce sont ceux tout en bas : la marque Pouce. Les plus bas prix sont là. Depuis les soldes, Auchan n’a pas retiré les vêtements soldés des rayons. En plus de Pouce, des ensembles et chaussures sont affichés avec un rabais de 50%. Bien que le coût de la rentrée scolaire ait augmenté de 3,1%, la plus forte hausse depuis 2008, il y a parfois possibilité de réduire son coup. Jules Ferry a rendu l’école gratuite, si seulement il avait rendu son coût aussi gratuit, ça changerait la vie des parents. Mais il ne faut pas rêver.
Gommes Maped, cahiers Oxford, stylos Roller’One, agenda l’Etudiant, crayons Crayola, feuilles Canson, trousse Hello Kitty, cartable Cars. La liste n’est même pas terminée que je suis déjà à 200 euros d’articles scannés et le tapis de la caisse est encore à moitié plein. En bout de tapis, les vêtements et les chaussures. Total : 596 euros ! Pour trois enfants au collège, maman gonfle les yeux, me demandant si je ne me suis pas trompé. Mais non, c’est bel et bien le montant total. En même temps, avec toutes les marques qu’elle a prises, il fallait s’y attendre… mince le paiement est refusé. Elle a dépassé son plafond… on annule les chaussures et 100 euros de moins, ça passe. La rentrée est réglée pour cette famille.
Une autre a un caddie plein de Pouce justement. Des tailles crayons au intercalaires, en passant par les pochettes plastiques et les feuilles à grands carreaux, tout est à bas prix. Les marques ? Interdit ! Et les chaussures et vêtements ? À moitié prix ! Voilà une maman qui ne veut pas se ruiner pour la rentrée. Elle aussi accompagnée de ses trois enfants, l’addition se fait moitié moindre que ma cliente précédente. 260 euros, et a priori, tout est là ! Pourtant, en la regardant, beau manteau de cuir, vêtements de marques, même sur les enfants, coiffée aussi impeccablement qu’en sortant de chez le coiffeur. Elle ne doit pas être dans le besoin. Le must ? La carte de crédit Gold avec laquelle elle règle. Et pourtant elle dépense un minimum. Ma cliente précédente détenait une carte de crédit standard, avec un plafond limité à la semaine et pourtant elle a laissé ses enfants choisir ce qu’ils voulaient. Là est le piège. C’est bien connu, quand l’on n’a pas, on dépense plus que lorsque l’on a.
En tout cas chères mamans, si vous voulez dépenser juste ce qu’il faut pour la rentrée, n’allez pas au centre commercial avec vos enfants. Ils vous retourneront tellement le cerveau que la note en deviendra une migraine. La folie des marques et de la mode s’empire au fur et à mesure que vos chérubins passeront les classes. Au lycée, il faudra un petit sac à main pour mademoiselle et un sac à dos chic et unique pour monsieur. Les dernières Nike et mocassins à leurs pieds, ils se sentiront mieux. Au risque peut-être de les entendre gémir « maman ils ont tous des marques je vais m’faire vanner grave si je débarque avec du Tati ou Auchan. » Bonne rentrée à vous.
Inès El Laboudy

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