C’est l’histoire de deux jeunes de 25 ans, originaires de Melun (Seine et Marne), Thomas et Romain. De leur amitié, est née une petite entreprise dans le textile avec un nom à tout dévaliser : Pickpoket. Le concept est un tee-shirt uni, customisé au niveau de la poche à l’aide de chute de tissu récupéré !

Comment se lance-t-on dans la création textile du jour au lendemain, à 25 ans ?

Thomas : C’était à l’occasion des 23 ans de Romain. Je voulais lui faire un cadeau mais je n’avais pas les moyens. Il y avait en bas de chez ma mère un tailleur égyptien. Ce couturier, aux doigts de fée, est spécialisé dans la retouche ! À l’époque on portait des simples t-shirts unis avec des poches. On se disait que c’était un peu triste un tee-shirt tout blanc !

Je me suis alors rendu dans un magasin, acheter un tissu à l’effigie de Donald Duck ! Le tailleur en deux temps trois mouvements m’a confectionné une poche à l’image du canard colérique ! Nous étions tous très contents du résultat ! Au fur et à mesure qu’il le portait, les gens lui demandaient régulièrement : « Où l’avez-vous acheté ? » Romain et moi, nous nous sommes rendus à l’évidence, il y avait quelque chose à faire. C’est ainsi que notre marque Pickpocket a vu le jour !

Quels obstacles sont survenus lors du lancement ?

Thomas : Ce qui a été compliqué au début, c’était au niveau du textile ! Il a fallu trouver un lieu où acquérir notre matière première, les t-shirts ! Si tu ne connais pas les endroits clefs, c’est très compliqué pour en trouver. Si je te dis demain d’acheter des t-shirts, où vas-tu ? À qui t’adresses-tu ? Les réponses à ces questions ne se trouvent pas sur internet !

On n’apprend pas cela non plus à l’école ! Romain et moi avons appris toutes ces choses sur le tas. C’est de cette manière qu’on a trouvé notre fournisseur actuel. Malgré cela, nous n’avons pas connu le classique « problème financier ». Nous venons d’un milieu modeste. Il était pour nous légitime de ne pas sombrer dans cette spirale infernale qu’engendrent les crédits ! On a donc utilisé nos économies respectives que l’on garde habituellement pour aller en vacances.

Est-ce un pari risqué ou le résultat d’une stratégie ?

Romain : C’est plutôt une stratégie, car ce n’est pas un pari risqué ! Si demain ça s’arrête, on aura eu un bilan plus que positif ! Nous avons réussi à vendre des t-shirts ! Nous serons certes un peu déçus car on a encore beaucoup d’idées à mettre en place ! On ne fait pas ça pour jouir d’une certaine reconnaissance. On en porte et on aime nos produits. On se fait plaisir avant tout et on le partage !

Pourquoi avoir appelé votre marque Pickpocket ?

Romain : Les t-shirts à poche sont notre produit-phare ! Après avoir fait le tour du champ lexical de la poche c’est Pickpocket qui nous a semblé être le meilleur choix. Il fait partie de la langue française tout en restant un mot anglais connu de tous. Une fois choisi, on en a parlé autour de nous, les gens ont accroché et  on l’a donc définitivement adopté.

Avec vos créations, quelle cible visez-vous ?

Thomas : On essaye vraiment d’être intergénérationnel ! On a des modèles avec la poche léopard qui sont destinés aux jeunes skateurs ou aux jeunes dans la culture hip-hop. Il nous est arrivé aussi de vendre à des papas africains, des sapeurs, des chemises à poches avec des canards ! Chacun s’y retrouve ! Il y en a pour tous les goûts, du plus classique aux plus excentrique !

Quelle serait la consécration de cette histoire ?

Romain : Pickpocket est une belle histoire. Ce que nous aimerions par-dessus tout, c’est pouvoir en vivre un jour. Thomas cumule toujours un autre boulot, moi j’ai arrêté il n’y a pas très longtemps ! Ça serait en quelque sorte un accomplissement. On pourrait se lancer pleinement dans l’aventure sans penser au surlendemain !

Lansala Delcielo

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