La bougie ne s’éteindra pas de suite pour cette professeure engagée. Rencontre avec la co vice-présidente de l’Ong née en 1961 et qui entretient désormais une cinquantaine de sections à travers le monde.

Après quelques échanges par courriel, rendez-vous est fixé avec Cécile Coudriou, professeur à l’Ufr Sciences de la Communication de l’Université Paris 13 et accessoirement militante à Amnesty Internationale. Depuis 13 ans, elle est membre de l’Ong et depuis mars dernier, (co-)vice-présidente d’Amnesty France au côté de la présidente, Geneviève Garrigos.

En plus de son emploi de prof, elle consacre entre 15 et 20 h par semaine et 2 à 3 week-end par mois à Amnesty International en tant que bénévole. On attend Amnesty International sur ses combats historiques qui sont la lutte contre les arrestations arbitraires, la torture, la peine de mort et pour la libération des prisonniers d’opinion entre autres, mais pas le mariage pour tous. Et pourtant.

Cécile Coudriou est totalement en phase avec la position prise par Amnesty International en faveur du mariage pour tous. Cette opinion se fonde sur la « lutte contre toutes les formes de discrimination, y compris celles qui sont liées à l’orientation sexuelle, et sur la Déclaration universelle des droits de l’homme pour prôner l’égalité d’accès aux droits – y compris celui de se marier – pour tout citoyen ».

BBFabriceAmne2ÊtreBBFabriceAmne2 Vice-présidente, c’est être amenée à aller à la rencontre des nombreux militants d’Amnesty dans toutes les régions de France – ce mois-ci en Poitou-Charentes, le mois prochain en Bourgogne – pour échanger sur les divers enjeux du mouvement, tels que le virage numérique d’Amnesty, le développement de nouvelles formes de militantisme. C’est aussi être invitée à faire des interventions publiques.

Mais aussi être présent dans la rue lors des manifestations et autres évènements restent essentiel mais ne suffit plus. La présence sur la toile est tout aussi indispensable, comme l’a bien compris l’Ong en ouvrant des comptes officiels sur Twitter et Facebook, ainsi qu’une chaîne Youtube. Cécile Coudriou n’est pas en reste pour l’e-activisme, tout comme de plus en plus de militants. Ils sont les « ambassadeurs 2.0 d’Amnesty » : « il est évident que le Web a permis à Amnesty d’accroître sa visibilité et sa réactivité, de démultiplier l’impact de nos actions et de nos mobilisations. »

Ses joies et ses peines de militante ? L’une de ses plus grandes peines a été l’exécution de Troy Davis, un américain exécuté pour un meurtre « dont il était très certainement innocent, malgré une mobilisation mondiale sans précédent ». Ses joies, sur ce même sujet de la peine de mort, sont les victoires sur la route de l’abolition, et le « grignotage » du terrain, état après état, au pays de la bannière étoilée, 17 états sur 50 aujourd’hui.

C’est aussi toujours une grande joie de voir la libération de prisonniers d’opinion comme Aung San Suu Kyi, « 47000 » depuis la création d’Amnesty International. Parce que ce qui compte pour elle, ce sont les résultats concrets. Enfin, ses petites joies fréquentes et intenses de militante de terrain, elle les puise dans le partage avec les étudiants sur son lieu de travail, à l’université Paris 13. C’est pour elle « depuis le début, un plaisir d’avoir initié la création d’une AJ (Antenne Jeunes d’Amnesty) » sur le campus de Villetaneuse et d’organiser ici avec des jeunes des actions militantes et de promotion des droits humains. Le passage de témoin pour le militantisme est facilité, à eux de voir s’ils souhaitent s’en saisir et à leur tour passer le relais.

Fabrice Deroche

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