Dans les rues parisiennes et comme partout ailleurs en France, la guerre entre les taxis et UberPop fait rage. Les premiers accusant les autres d’une concurrence déloyale. Ainsi pour faire entendre leur voix, les chauffeurs de taxi ont lancé à Paris un mouvement de grève. Cependant ce mouvement qui a paralysé gares et aéroports n’a pas été suivi par tout le monde. Et ça certains chauffeurs de taxi n’aiment pas du tout.
La scène se passe à Gare de l’est. Devant la gare, des chauffeurs en grève attendent paisiblement à l’ombre. Parmi eux, un de leurs homologues, non gréviste. Contrairement aux autres, celui-ci n’a pas couvert les signaux lumineux, en signe de protestation, sur le toit de sa voiture. Il est donc facilement identifiable. Tout semblait être calme quand soudain une voix grave et puissante se lève. « Fils de pute va. Je ne veux pas te voir charger ici. On fait la grève aujourd’hui, dégage ! » lance l’un des grévistes à son collègue en activité. Celui-ci faisant la sourde oreille, la tension monta d’un cran. « Fils de pute, tu ne comprends pas ou quoi ? Dégage de là ou tu vas voir ce que je vais te faire. Vas-y sors de ta voiture », Continuait de vociférer le chauffeur gréviste.
Toutefois, les mots ne suffisant pas, ce dernier dégaine alors un tournevis de son coffre et menace son collègue non gréviste, avant d’appeler d’autres chauffeurs grévistes en renfort. Trois militaires postés dans la gare ayant eu vent de ces menaces décident alors d’intervenir. Mais rien y fait, le chauffeur gréviste est toujours furieux.
Face à cette scène, des clients paniqués ne comprennent pas trop la réaction des chauffeurs grévistes. Une femme s’adresse alors à un des chauffeurs en grève. « Vous nous mettez dans la merde là, à faire grève comme ça. Comment on va faire pour rentrer nous ?» lance une cliente.
Sans attendre celui-ci répond alors « vous vous êtes dans la merde uniquement aujourd’hui, mais nous on va être dans la merde tout le temps avec UberPop. Vous voulez qu’on fasse quoi ? Se laisser bouffer par UberPop sans rien faire ? »
Après un petit moment de flottement la police arrive. S’en suit alors des explications. « Monsieur l’agent. Nous ont fait grève aujourd’hui et lui il ne fait pas grève. C’est son droit, on ne peut pas l’empêcher de travailler. C’est dans le code du travail. Mais bon lui il sait que nous on fait grève et il vient charger des clients devant nous. En plus il vole la clientèle voyez vous. Pour une course de 15 euros il a demandé 50 euros à une dame qu’il a chargée ici même. Ce n’est pas bien ça. »
Comble de l’ironie, au milieu de toute cette chamaillerie, des chauffeurs de taxis clandestins proposaient des courses aux clients laissés sur le carreau. Et ce au nez et à la barbe des chauffeurs grévistes. La dure loi du marché me direz-vous.
Mohamed K.

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