Début de semaine dernière, CDGT, SIA et CFDT de PSA Peugeot Citroën appellent à la mobilisation devant le QG de Nicolas Sarkozy. Lassés de ce long silence de la part du chef de l’Etat, les employés du géant automobile d’Aulnay-sous-Bois ont tenu à aller chercher eux-mêmes la réponse à la lettre envoyée en novembre dernier. En moins de 48 heures, la délégation syndicale se voit proposer une rencontre à Bercy avec un représentant du ministère de l’Industrie et de l’Elysée.

Rendez-vous à 11 heures. Le soleil tape fort. Environs 9 camions et voitures de police sont alignés le long du ministère de l’Economie.  Policiers et CRS font des rondes, placent des barrières dans la rue en face du ministère et filtrent les entrées.

C’est vers midi qu’arrivent les salariés par cars. 400 personnes étaient présentes selon les syndicats. Seule la délégation syndicale est autorisée à se rendre au ministère. Les autres attendent sur place de l’autre côté du trottoir, reconnaissable de loin grâce à leurs gilets fluorescents, pancartes et tenues de travail, éparpillés sur les marches du palais Omnisport et la rue de Bercy.

Parmi cette foule, Abdallah et Rafik. PSA Aulnay, ils y travaillent respectivement depuis 10 et 15 ans. « Malheureusement je pense que la fermeture est inévitable ». Ces deux employés espèrent peu, « que ça soit Hollande ou Sarkozy» car «malheureusement, ce ne sont pas les politiciens qui tirent les ficelles.»

La délégation revient vers 13 heures, un grand rassemblement se forme. C’est officiel, les syndicats ont obtenu l’engagement d’une réunion tripartite avant le 6 avril prochain. Cette table ronde se tiendra avec des représentants de l’État, la direction centrale de PSA, les syndicats de PSA d’Aulnay et des élus locaux à la Préfecture de Bobigny, sous la direction du Préfet, Christian Lambert.

Chaque syndicat prend la parole tout à tour.  « C’est le début d’une longue lutte » déclare la représentante du Syndicat Indépendant de l’Automobile (SIA). Jean- Pierre Mercier (délégué CGT)  revient sur le déroulement de la réunion qui s’est passée « très courtoisement ». « Ils ont d’abord voulu discuter pour savoir si l’usine d’Aulnay était rentable », explique le cégétiste aux employés. Il ne cache pas la réticence du ministère quand à un engagement écrit : « Ils ne sont pas convaincus hein ! […] On leur a demandé de se joindre à nous pour demander ensemble une garantie écrite, ils n’ont pas dit oui. On les a pas dans notre camp, c’est ça qu’il faut bien comprendre…. Il va falloir compter sur notre propre force ». Les syndicats et employés restent convaincus que seule leur mobilisation a payé aujourd’hui.

Et la cerise sur le gâteau, c’est une réponse de Nicolas Sarkozy : « A la fin de la réunion, ils nous ont donné la lettre de Sarkozy, qui date du 22 mars, ils ont attendu le dernier moment pour nous répondre. Y a pas grand-chose dans la réponse c’est un peu comme celle d’Hollande ni pour ni contre bien au contraire, on est avec vous on vous comprend… », raconte Jean-Pierre Mercier, au milieu des salariés peu convaincus de l’implication des politiques.

Les conditions de travail n’ont pas changé pour autant et ont empiré, selon Jean-Pierre Mercier : « On travaille toujours de plus en plus dur, il y a une pression sur les employés pour qu’ils s’auto-licencient … on nous fait comprendre qu’il faut vider l’usine ». Le syndicaliste reste convaincu que l’usine ne fermera pas. « Pour nous, c’est une question de vie ou de mort. C’est notre boulot, notre vie, notre richesse et on est déterminé à se battre jusqu’au bout ». Réponse d’ici 6 avril prochain.

Imane Youssfi

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