En novembre dernier, Eric Besson ministre de l’Industrie de l’époque, demandait au député UMP de la circonscription d’Aulnay, Gérard Gaudron, un rapport sur l’avenir de la filière automobile. Ce document de 27 pages, intitulé Pour une production automobile ambitieuse et pérenne en France fait état de la situation de l’activité industrielle en France.  Gérard Gaudron a fait appel à différents interlocuteurs du domaine politique, automobile, économique et syndical dans son rapport.  Le député du 93 établit un parallèle avec l’activité industrielle allemande, qui elle parvient à pérenniser sa construction automobile sur son territoire, expose les forces et faiblesses de l’industrie française. On apprend entre autres que des pays européens auraient une surcapacité de site d’assemblage en Europe. Grand bémol : l’étude reste assez floue sur le sujet principal, à savoir l’avenir du site de PSA à Aulnay-sous-Bois.

Alors que la presse s’emballe à parler d’une reconversion du site, qui est bien citée dans ce rapport, ledit document n’affirme pas clairement la fermeture, ni comment pérenniser les plus de 3 000 emplois que compte le site. « Les atouts industriels du site et les compétences de ses personnels doivent permettre à PSA d’envisager une reconversion permettant la préservation de l’emploi des salariés actuels » explique ledit le rapport.

Si la direction de PSA n’attribuait pas la construction d’un nouveau véhicule au site d’Aulnay, Gérard Gaudron maintient dans son étude qu’« il faudrait dès maintenant envisager la reconversion du site qui dispose d’une localisation stratégique (croisement des autoroutes A1 et A3, A104, embranchement ferré)  d’atouts industriels et de compétences de ses personnels reconnues ». Une localisation stratégique ? Cela viendrait-il confirmer les rumeurs évoquant une nouvelle perspective sur ce  terrain en lien avec le projet du Grand Paris ?

« Le député Gaudron enterre l’usine et ses salariés. Aucun syndicat du site n’a été consulté » s’inquiète Jean-Pierre Mercier, délégué CGT à PSA. Un élu qu’il dit avoir rencontré à deux reprises : lors d’une réunion tripartite à la préfecture et lors d’une réunion au ministère de l’Industrie en mars dernier. Un élu qu’il aurait peu, voire pas du tout vu, pendant la lutte des ouvriers du site de Seine-Saint-Denis.

Lors du débat télévisé de l’entre deux tours, le 2 mai dernier, les salariés du constructeur automobile étaient venus manifester devant les plateaux télévisés de la Plaine Saint-Denis. François Hollande, venu à leur rencontre, s ‘était engagé à les recevoir après le 6 mai.

Stéphane Le Foll et Aurélie Filipetti, fraîchement nommés respectivement ministre de l’Agriculture et ministre de la Culture et de la Communication ont reçu à cette occasion les salariés en leur donnant « un engagement ferme mais oral » d’une réunion tripartite « très rapidement ». Impatient et méfiant, Jean-Pierre Mercier est déterminé, « on ne restera pas les bras croisés pendant le mois de mai et pas question d’attendre le mois de juillet ».

Contacté, le député UMP Gérard Gaudron n’a pas répondu à notre demande d’interview.

Reste à savoir si le candidat du changement tiendra ses promesses. Affaire à suivre…

Imane Youssfi

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