Plusieurs villes de Seine-Saint-Denis, dont le conseil général, ont accordé des subventions aux associations d’aide aux familles et salariés de PSA Aulnay. Une subvention qui commence à être contestée par les partis d’opposition. Le préfet doit se prononcer dans les prochains jours.

Lors du conseil municipal du mois dernier, la commune d’Aulnay a voté une subvention de 8000 euros pour l’Association de soutien aux salariés de l’automobile 93. D’autres communes ont également voté une subvention versée à cette association et à l’Association entraide et solidarité salariés du 93 et famille. Aujourd’hui, ces aides financières sont contestées et qualifiées d’illégales. À Aulnay, c’est l’UMP via son association l’Union pour Aulnay qui la conteste. Le parti de l’opposition a même saisi le préfet.

Dans le local de son parti politique, près de la gare d’Aulnay, Frank Cannarozzo, conseiller municipal d’opposition (UMP), explique pourquoi son parti demande avis au préfet « on ne peut pas demander aux gens de respecter la loi et faire le contraire. Une collectivité ne peut pas prendre part à un conflit social ». Cet ancien adjoint au maire Gérard Gaudron qui a perdu les élections de 2008 face à un autre Gérard, le maire actuel, Gérard Segura (PS), s’inquiète que cette aide soit versée, selon lui, à « des salariés grévistes » et d’un versement flou « on ne nous a pas présenté de règle de distribution ».

Pour Franck Cannarozzo, il y aurait un autre moyen pour aider les salariés du constructeur automobile « il y a une autre solution qui est tout à fait légale et que nous avons proposée c’est le CCAS (Conseil Communal d’Action Sociale), il a déjà été saisi par la commune et a tout fait les moyens de répondre à ça ».

BBImanePSA1BBImanePSA1Concernant le conflit en lui-même, l’ancien élu se veut pragmatique « la grève est une erreur. Certains salariés font encore grève contre la fermeture du site alors qu’ils savent très bien que l’usine va fermer ». Franck Cannarozzo privilégie une autre piste « il y a un autre combat, c’est la négociation » et préconise une négociation de primes de départ et des reconversions à la hauteur des attentes des salariés.

L’annulation de cette subvention pourrait faire tomber de haut des centaines d’employés qui espéraient avoir une aide à la fin du mois. « Je ne suis pas contre eux, je suis moi-même salarié et délégué syndical, je comprends. Un élu doit respecter la loi et le CCAS peut aider les salariés de PSA Aulnay et nous pouvons voter la subvention qu’il leur faut. C’est une démarche égalitaire envers tous les citoyens » conclut Monsieur Cannarozzo.

Côté syndical, cette décision est perçue d’un mauvais œil « je trouve très regrettable cette prise de décision qui s’oriente plus pour les élections de 2014. Cet argent concerne les familles victimes du plan social. C’est une subvention tout à fait légale et justifiée, elle est attribuée à une association loi 1901 qui vient en aide aux familles », confie Jean-Pierre Mercier, délégué syndicale CGT de PSA Aulnay.

Contacté à plusieurs reprises, Monsieur Segura (maire d’Aulnay-sous-Bois) n’a pas donné suite à nos appels. Alors que la grève perdure, l’avenir des salariés et celle du site d’Aulnay semblent encore très flous. 2014 arrive à grands pas, mis à part ID Logistic, les nouvelles entreprises ne se bousculent pas au portillon de la reprise du site. Rendez-vous au prochain épisode…

Imane Youssfi

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