Le 2 octobre prochain, à Aubervilliers, aura lieu la première rentrée de l’académie YUMP France. Ce dispositif novateur est destiné à aider des jeunes d’Île-de-France à transformer leur projet d’entrepreneuriat en véritable entreprise.

YUMP est l’acronyme de « Young Urban Movement Project », ce qui dans la langue de Molière se traduit par « projet d’activités de jeunes urbains ». Ce concept venu de Suède a pour vocation d’aider des jeunes issus de quartiers populaires d’Île-de-France à créer leur entreprise. L’association propose à des jeunes porteurs de projet une formation professionnalisante, un suivi au stade du développement et surtout un accès à des réseaux professionnels et au financement.

En tout 21 candidats, âgés de 25 à 41 ans, ont été retenus pour intégrer la première promotion de YUMP Académie France. Au programme pour les « Yumpers », alternance de modules d’e-learning, de formations nomades dans les entreprises partenaires et de cours d’anglais. A l’issue des six mois de formation, chaque élève saura élaborer un business plan convaincant, déterminer ses besoins en financement, et, point important, il aura alimenté son réseau professionnel. Autre point fort et spécifique, YUMP accompagnera les entrepreneurs pendant les 5 premières années de la création de leur entreprise, afin d’optimiser leur chance de réussite et de développement.

Se lancer dans la vente de toilettes japonaises, créer la première enseigne de restauration autour de la semoule, proposer des cours de boxe en entreprise, ouvrir un restaurant de gastronomie afro-américaine, concevoir une couche bébé valorisée à 100% en énergie … Les idées ne manquent pas.

Moussou Diakité-photoMoussou Diakité-photoMoussou Diakité, 25 ans, Parisienne, a pour projet de créer un site internet dédié à la vente de produits capillaires multiethniques, naturels ou bios. Diplômée d’une école de commerce, spécialisée dans l’entreprenariat, son idée d’entreprise a émergé en 2011. Avant la YUMP Académie, elle avait déjà présenté son projet à d’autres dispositifs d’aide à la création d’entreprise. Malheureusement, seuls des projets dits novateurs étaient retenus. Par novateur, entendez énergie renouvelable, développement durable. La YUMP Académie, quant à elle, s’intéresse à tout détenteur d’un projet d’entreprise à fort potentiel de création d’emploi, pourvu qu’il soit ambitieux.

Son projet découle de sa propre expérience. Elle est en effet une grande consommatrice de produits capillaires. Elle a observé que ce type de produit ne s’est pas encore démocratisé en France, à la différence de l’Angleterre ou des États-Unis, alors qu’il existe une grande demande. Moussou souhaite se focaliser sur les cheveux rencontrant la plus grande problématique au niveau de l’entretien et du soin, à savoir les cheveux crépus, frisés et ondulés. Elle ambitionne de ne proposer que des produits naturels et bio. « Je souhaite faire découvrir à de nombreuses personnes qu’il est possible d’avoir de beaux cheveux sans pour autant les dénaturer ou avoir recours à des produits nocifs ». Elle insiste bien sur le fait qu’elle ne vise pas une population particulière, mais bien un type de cheveux. Globalement, Moussou est très enthousiaste et félicite la YUMP Académie pour son initiative.

Elie Marot-photoElie Marot, 27 ans, domicilié au Blanc-Mesnil, a pour projet de créer le premier jeu interactif pour l’industrie française de la télévision connectée. Ce jeune porteur de projet n’en est pas à son coup d’essai. Avant d’être sélectionné pour la YUMP Académie, il a déjà remporté le concours de la fondation TF1. Elie mûrit son projet depuis déjà un an et demi. Lui aussi avait auparavant proposé son concept, notamment à TF1 où il travaille comme technicien de reportage. En vain.

Le secteur de la télévision est au début d’une transformation majeure et Elie l’a bien compris. Il est parti du constat que 70% des téléspectateurs utilisent déjà un deuxième écran tout en regardant la télévision. En créant des applications interactives permettant d’avoir du complément lié au programme de télévision, il permettra au téléspectateur de regarder la télévision différemment. Difficile d’en savoir plus sur son projet. Le marché est en effet en plein essor et Elie n’est pas le seul à avoir compris l’intérêt d’investir le champ de ce qu’on appelle aujourd’hui la Social TV. Alors, sa bonne idée, il se la garde.

Au terme de la formation initiale, seules 5 à 6 entreprises verront effectivement le jour. Ceux dont le projet n’aura pas été retenu pourront se greffer aux projets restants en devenant cofondateurs.

Aurore Gérin

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