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C’est sous le nom de F-Ikass que Wesley Baheng se fait connaître désormais, partageant à qui veut entendre un message d’espoir pour les jeunes en quête de repères, en plus de son travail d’animateur. Une nouvelle vie collant à la peau de ce personnage humain et attachant. Portrait. 

À 26 ans, Wesley Baheng revient de très loin. À quelques pas de réaliser son rêve, celui de devenir footballeur professionnel, il se voit dans l’obligation d’y tirer un trait à cause de blessures successives aux deux jambes. Dévasté intérieurement, le rap est ce qui va lui donner un second souffle et une nouvelle raison de se battre.

Le football, une histoire d’amour commençant très tôt pour le jeune Wesley. Fort d’un immense talent pour le ballon rond, il se fait dépêcher par l’Athlétique Club du Havre alors qu’il n’a que 10 ans « À cette époque, j’étais insouciant,  je ne prenais pas conscience de ce que pouvait représenter une telle opportunité, pour moi il s’agissait d’un essai comme un autre, comme si j’allais au club du coin pour un essai ordinaire ». Faisant partie de cette jeune génération, issu des quartiers populaires, ayant intégré des clubs de formations prestigieux, Wesley devient une véritable star dans sa ville, Le Blanc-Mesnil, qu’il chérit tout particulièrement avec le Havre « J’ai été très vite exposé … J’ai été confronté très tôt à la popularité. Le Havre et le Blanc-Mesnil m’ont beaucoup donné, je me sens chez moi autant ici que là-bas. ».

httpv://www.youtube.com/watch?v=I7g4vKB465g

Parallèlement, il cultive une autre passion, celle de l’écriture ; son premier texte, il l’écrit à l’âge de 8 ans et enregistre à 13 ans des sons avec son ami NYRE dans un studio installé dans la maison de ce dernier à Pasteur « Au centre de formation, tous le monde préférait jouer à la Playstation pour se détendre, moi j’achetais les derniers Rap&RnB Mag, pour me tenir au courant de l’actu hip-hop, et je me bousillais à l’écriture ». Sans y voir un avenir, il met le rap de coté pour se consacrer entièrement au foot, il continue à écrire sans enregistrer. Ses blessures à répétition, et de mauvaises rencontres vont mettre sa carrière en suspens, gâchant ses chances de pouvoir grimper les échelons du foot. L’écriture est ce qui va l’accompagner tout au long de ses convalescences lui permettant de supporter les douloureuses épreuves auxquelles il va être confronté.

L’homme est réglé comme une horloge, il ne badine pas avec la discipline, habillé avec élégance, il se dégage de lui une assurance et de ses paroles en envie de réussir à toute épreuve pour lui et ceux qui l’entourent. Chez Wesley, l’humain est au centre, ce qui suit n’est que futilité, c’est pour cette raison que partout où il passe, on apprécie l’homme plus que ses performances. « Au Havre, on a reçu une éducation stricte & militaire, les formateurs étaient plus intéressé à former des hommes que des footballeurs, tout ce que je suis aujourd’hui, je le dois à eux et à mes proches ».

De retour à Blanc-Mesnil, il acquiert l’intime conviction qu’il doit venir en aide aux jeunes de son quartier. En plus de son travail d’animateur, il se remet sérieusement en selle au niveau du rap et enregistre plusieurs sons par-ci par-là qui reçoivent un bon écho. « Il me fallait exister de nouveau, que je vienne en aide à ceux qui sont plus jeunes que moi, Comment ? Voilà qu’elle était la question » Paradoxalement, c’est au travers de sa musique qu’il se fait connaître aux jeunes de sa ville, les Biopics, clips vidéo dans laquelle il rappe son parcours, se livrant à cœur ouvert tout au long de trois minutes de pur volé lyricale,  rencontre un franc-succès auprès du public, saluant la démarche de l’artiste.

httpv://www.youtube.com/watch?v=xoHlNVwipj0

Loin des clichés du rap faisant l’apologie des armes et de la violence, il reproche à certains rappeurs de ne pas prendre conscience de leur responsabilité, ces chantres de la rues ayant un grand impact sur les jeunes. « Je n’en veux pas aux personnes, mais plutôt au rappeur qu’ils sont, je ne veux pas être moralisateur, mais ce que les jeunes voient dans les clips, ils le reproduisent, ils émettent des fausses-idées qui compliquent le travail d’éducation que nous faisons auprès des jeunes en tant qu’éducateur ».

C’est au Stade Jean Bouin qu’il annonce la couleur, un retour à la source, là où tout à commencé, une manière d’enterrer le vieux soi, là où il est né, pour faire surgir le nouvelle homme : F-Ikass.  Sans commune mesure, le texte est ce qui le motive le plus dans son processus de création artisitique ;  dans un désir de justice, il veut rendre à César ce qui est à César : « Je veux mettre en avant ce qui est primordial, le texte, aujourd’hui on accorde plus d’importance au flow ou au instrumental, mais l’écriture est mise au second plan ». L’ambition n’est pas celle de perçer pour Wesley, mais plutôt d’encourager les jeunes à croire en leur rêve et à se battre pour l’enssentiel  » Ma musique n’est pas là pour prendre son argent et se tirer, je veux laisser une bonne traçe pour encourager les miens à la réussite » .

En attendant la sortie de son album EP Préambule, nous vous laissons le soin de découvrir cet artiste pétri de talent et d’humanité.
Jimmy Saint-Louis

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