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Vous venez de divorcer ? Moche, moche, Milady. Votre famille ne repose plus que sur une seule tête : la vôtre. Votre foyer est devenu monoparental, un drame il y a 50 ans, presque la norme aujourd’hui. Mais la popote, les factures, les bobos des enfants, c’est tout pour votre pomme dorénavant. Vous vous retrouvez plantée seule dans le verger de la vie, avec les petits asticots que vous avez mis au monde, vous bouffant vos belles années. Vous n’avez plus le temps de voir vos amis ou de vous faire jolie comme une prune. La vie maintenant, c’est, boulot, marmots, dodo et la tête à toto qui gonfle comme une pastèque.

Pas de panique, Anissa Madouri a pensé à vous. Lauréate du prix Power Stater qui récompense les e-entrepreneuses des quartiers sensibles, elle a pu mener à bien son projet : Singlefamily. What is it ?, pour rester dans le ton anglophone du projet. C’est un site de rencontres. Mais attention ! Ce n’est pas fait pour se remettre forcément tout de suite en selle, en croupe derrière le premier chevalier blanc venu, juste après avoir chuter du cheval matrimonial. On a divorcé, on a divorcé,  ça c’est acquis. Mais comme il est difficile de rencontrer du monde quand on est seul avec 200 kilos d’enfants sur les bras, même sans intention de séduction, Anissa Madouri en a déduit que ça serait sympa pour tous ces gens-là de se voir autour d’activités diverses et variées.

Singlefamily offre donc un choix de sorties permettant aux familles monoparentales de se réunir pour profiter de moments de détente. Des sorties où personne ne vous lancera des regards de sniper russe tapi dans un égout de Stalingrad, parce que votre petit Denis la malice fait du bruit en sortie ou a vomi sur la Joconde, les leurs feront pareil ou presque.

Comment Anissa Madouri en est-elle arrivée à monter ce projet ? « J’avais un boulot de commercial, avec un salaire convenable mais je ne m’épanouissais pas du tout dans mon travail. » Ce que voulait cette femme de 25 ans, mariée, deux enfants, c’est monter sa boîte de toutes pièces, avoir des responsabilités, un projet qui la fasse se lever le matin sans avoir à trop trainer les pieds. Elle s’est donc mise à réfléchir à un plan de création d’entreprise. La réflexion a duré toute une année. « Souvent quand on est une femme avec des enfants de 4 à 10 ans sur les bras, on n’a pas le temps pour soi. Le but de Singlefamily c’est que des personnes dans ce cas-là se retrouvent », explique la chef de sa jeune entreprise.

D’accord pour le principe, mais avec cette idée, comment on gagne des sous-sous tout dorés ? « Les sorties que j’organise, au musée par exemple, sont payantes, dit Anissa. Par le biais de Singlefamily, j’ai des prix de groupe. Pour s’inscrire aux activités que je propose, les participants payent le tarif normal. » L’idée plaît visiblement. Sur le site, qui couvre pour l’instant l’Ile-de-France uniquement, 1500 membres sont inscrits. Pour Anissa, le challenge est de transformer ces membres en clients des activités qu’elle propose, de la chasse aux œufs de pâques à une visite sur les hippodromes pour voir les courses de chevaux.

Pour l’instant, Singlefamily fait plutôt la joie des mamans, mais les papas sont aussi les bienvenus. Qui sait : petite harpe, printemps en fleurs, pétales de rose dans les cheveux, la danse des abeilles… Comme dans la série Notre belle Famille, vous pourrez recomposer une nouvelle tribu avec un beau Patrick Duffy rencontré au musée. Ce n’est pas forcément le but du site, mais si par ricochet on peut pécho un numéro, il y a pas de mal, c’est le printemps, ça donne des idées…

Idir Hocini

*Concours Power Starter

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