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Loyd a eu l’occasion de tester « Dans la peau d’un acteur X » la nouvelle expérience pornographique en réalité virtuelle produite par Marc Dorcel, le magnat du porno français.

L’innovation fait partie de l’essence de l’entreprise. On me pose sur le visage un casque de réalité augmenté Samsung Gear VR ainsi que des écouteurs sur les oreilles. J’ai le sentiment d’être comme le personnage de Néo entrant dans la matrice. Le spectacle commence ! Me voici plongé dans un tournage pornographique dans le corps d’un inconnu en caméra subjective. Ma vision est à 360° si je bouge ma tête de droite à gauche ou de haut en bas, la vidéo continue.

Cinq actrices et moi !

L’appartement est lumineux et cinq actrices s’activent autour de moi. Grâce à la 3D, la sensation produite d’être à 30 cm des personnages est étonnante. L’envie de tendre le bras est forte, mais ce n’est (malheureusement) pas la réalité. Ma couleur de peau et mon corps ont changé. Mon métissage naturel s’est évaporé et je me rends compte que le porno m’a rendu blanc ! J’ai eu une soudaine pensée émue pour Mickael Jackson, mais passons sur les questions de pigmentation. Par un retournement narratif hors du commun que les films pour adultes permettent, je suis pris en main par deux hardeuses.

La buée arrive dans mon casque et l’ambiance devient brulante. Tel Jackie Chan, mon avatar me fait vivre sept minutes de cascades intenses. J’enchaine les enchainements entre fellation, amazone et sodomie. Je possède un pénis massif qui me fait vivre des émotions fortes. Au même moment et à côté de moi, deux actrices commencent une romance torride tandis que la dernière s’amuse seule. Difficile de rester concentré, on ne sait plus vraiment à quels seins se vouer.

Le porno du futur, ça coute cher !

Quelques minutes après ma performance virtuelle, le retour à la réalité est un peu décevant. En face de moi, plus d’actrices, mais Ghislain Faribeault, le vice-président média du groupe Dorcel. Il m’explique les coulisses du projet. Il fallait l’expérience la plus immersive possible et c’est en mélangeant la 3D et la vision en 360 degrés que l’effet est total. On ne peut le contredire. Le problème du porno du futur, c’est qu’il coûte vraiment cher. Une production moyenne chez Dorcel est estimée à 10 000 ou 15 000 euros.

Dans la peau d’un acteur X, les coûts de production ont été multipliés par cinq. Vingt personnes sont mobilisées sur le tournage, les captations avec les quatorze caméras sont longues à mettre en place et la postproduction a pris du temps. Un prestataire s’occupe de la technologie, rajoutant ainsi des frais non négligeables. « On est totalement dans de l’artisanal » me confie Ghislain. Pour l’instant, le projet n’est clairement pas rentable. Deux versions sont proposées au public, dont une « soft » téléchargeable gratuitement. La version « hard » est payante. Ce non-retour d’investissement est totalement assumé par l’entreprise qui est ravie du succès médiatique de l’expérience. Et pour cause, beaucoup de médias en ont parlé.

La prochaine fois, vous serez une femme

La réalité augmentée deviendra-t-elle la norme pour la pornographie ? Pas sur. Les coûts de production sont encore chers pour une industrie fragilisée par internet. Il faut ensuite posséder obligatoirement un casque pour vivre l’expérience. Il est possible de s’en procurer, mais l’engouement du public est loin. La réaction des fabricants est attendue. Censureront-ils les productions pour adulte ? Pour Ghislain Faribeault, l’expérience est avant tout complémentaire. Les retours ont été très bons et d’autres projets sont en cours de réflexion.

L’expérience est visuellement bluffante, mais terriblement frustrante, car le sens du toucher est absent. Les lunettes sont affreusement lourdes et la fatigue se fait sentir rapidement. La prochaine vidéo devrait nous mettre dans la peau d’une femme. Cependant, cela risque d’en perturber plus d’un. La gent masculine est, paraît-il surpris de voir arriver à travers leurs casques un sexe énorme qui se rapproche de plus en plus de leurs visages. Certains ont un même un mouvement de recul avec leurs mains. En pure perte, car le spectacle continue. Pas sûr que j’essayerai cette version.

Lloyd Chery

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