Comment ca, « Wouaf ! Wouaf ! » ? Impossible dans cette ville de se retrouver avec soi-même sans qu’un chien vous tire de vos pensées. Tabernacle ! Cette chose me prend en chasse ! Je juge que c’est un problème : la bête m’arrive à la hanche et semble avoir des vues pas très catholiques sur au moins un de mes mollets. « Quand c’est haut comme un veau, monte là-haut », dit un vieil adage bondynois.

Ainsi donc, ma balade nocturne dans les rues de Bondy s’achève sur le toit d’une 405 srdt, à attendre que ce petit Golgotha se calme et rejoigne sa niche, derrière la grille grande ouverte de la maison de ses maîtres, tranquillement assoupis pendant que je me chie dessus.

Quand on décide d’élever un lion ou un dogue argentin (photo), on ferme la porte de chez soi, ca évite d’avoir un gros en sursis de 85 kilos sur le toit de sa voiture. On pourra railler autant qu’on veut sur ma couardise, mais je ne refuse d’être le dixième Français du millénaire tué par un canidé. Neufs personnes sont effectivement mortes suite à l’attaque de chiens dangereux depuis 2000, des jeunes enfants pour la plupart.

Dernière tragédie en date, celle du petit Romaric, 2 ans, massacrés par le rottweiler de ses parents non loin de Lyon, mercredi passé. Pourtant les propriétaires du chien avaient parfaitement respecté la législation en vigueur sur les chiens dangereux de deuxième catégorie : la bête était castrée et déclarée à la préfecture, seulement rien n’obligeait ses propriétaires à le museler dans l’enceinte de la propriété familiale.

Chaque tragédie de ce genre relance le débat sur la présence de ces molosses en France. On tente déjà depuis des années de faire disparaître du territoire les chiens d’attaque – ceux de première catégorie type pit-bull  ou boerbull, n’ayant pas le statut de race – en interdisant l’élevage, l’importation, ou la cessation de ces mâchoires sur pattes, ainsi qu’en ordonnant leur stérilisation systématique.

Le rottweiler ou l’American Staffordshire terrier inscrits sur un livre généalogique, ont droit de prospérer sur notre territoire, même si leur acquisition est contrôlée : impossible à un mineur ou au détenteur d’un casier judiciaire bien fourni de posséder ces chiens de défense. La loi prévoit également de limiter leur interaction avec le chaland de passage en imposant la tenue en laisse et le musèlement.

Un nouveau texte de loi devrait être promulgué d’ici la fin de l’hiver. Il prévoit d’instaurer un permis de détention pour les chiens dits dangereux, délivré à la suite d’une formation pour les maîtres et d’un test comportemental pour les canidés.

700 000 chiens catégorisés en France, un mort par an en moyenne, il y a peut être pas de quoi tomber dans la psychose. Rappelons tout de même que le dogue argentin, dont un des représentants avait pour projet de me bouffer en début d’article, est le résultat d’une sélection génétique visant un seul but : chasser le puma.

Idir Hocini

Idir Hocini

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