Arrivé dimanche après-midi à Paris, j’étais la veille à Marseille, à l’hôpital de la Timone, où le fils de ma cousine récupère d’un choc à la tête qui aurait pu être fatal. On raconte des trucs affolants sur ce qui se passe, ou se passerait, dans les couloirs de la Timone, et des choses pires encore sur l’hôpital Nord de la ville: agressions sexuelles dans les chambres, vols, rackets… Paris, hôpital Bichat. Il est 21 heures, les urgences sont pleines. Pierre-André Stauffer est en réanimation après son opération. Sa femme Manine et sa fille Clotilde sont autorisées à lui rendre visite. Mohamed, Radouane et moi attendons dans une pièce au sous-sol. Manine ressort un peu inquiète. Elle trouvait meilleure mine à Pierre-André l’après-midi. On tente de la rassurer en lui disant que c’est normal, que c’est la fatigue. Les médecins ont prévenu Manine que son mari pourra recevoir régulièrement des visites à partir de mardi.

A Bondy, Kamel, Hakim et d’autres habitants de la cité Blanqui prennent des nouvelles de l’opéré. Ils savent que ça aurait pu être grave. Ils iront le voir dès que possible. Manine en est contente. Kamel El Houari me raconte que Pierre-André avait entrepris un article sur lui, sur sa vision de la France et sur son passage à France 2, jeudi dernier, dans l’émission « A vous de juger », animée par Arlette Chabot. Dimanche en fin d’après-midi, des jeunes, rassemblés dans le local du RC Blanqui, l’association qui accueille L’Hebdo, visionnaient sur Internet le passage où Kamel, dans le public, se prend de bec avec Philippe de Villiers, le président du Mouvement pour la France. Kamel parle de racisme en France, Villiers rétorque que la France est le pays le moins raciste du monde. A l’instant où j’écris ces lignes sur un portable, Hakim, assis à côté de moi, cherche du taf sur Internet, secteur « électricité ». Dehors, quelques jeunes râlent parce que le local, « leur » local, est occupé par un journaliste qui « travaille ». « Rien à foutre des journalistes », dit l’un. Une poignée de mains et ça s’arrange.

Antoine Menusier

Antoine Menusier

Articles liés

  • Le front politique des enseignants se prépare-t-il ?

    Comment va se traduire la colère des professeurs dans les urnes ? Alors que les professeurs semblaient être nombreux à adhérer au projet Macron en 2017, la colère contre le ministre de l'Éducation Nationale et ses protocoles sanitaires, laisse présumer une désaffection pour le prochain scrutin. Prise de pouls lors de la manifestation du 27 janvier.

    Par Olorin Maquindus
    Le 28/01/2022
  • Qui sont les femmes derrière les “salons de beauté indiens” ?

    Les salons de "beauté indiens" fleurissent dans les quartiers depuis de nombreuses années. Mais derrière les portes de ces instituts, se cachent des modèles de féminisme et d'entrepreneuriat issu de la diaspora pakistanaise, indienne ou népalaise. Amina Lahmar a franchi le pas de plusieurs établissements pour écouter une autre histoire de l'immigration en France. Reportage.

    Par Amina Lahmar
    Le 26/01/2022
  • Précarité menstruelle : à Grigny, on veut « changer les règles »

    Au cours de l’année 2021, la ville de Grigny, dans l’Essonne, a mis en place des dispositifs de distribution gratuite de protections périodiques. Cette initiative s’accompagne d’une politique teintée d’actions de sensibilisation pour lutter contre le tabou des règles. Cécile Raoul a rencontré les concernées de la précarité menstruelle. Reportage.

    Par Cécile Raoul
    Le 18/01/2022