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Ma jeunesse m’a imposé d’y aller, de voir…

La Marche

Vénissieux, le point culminant du mouvement

Un départ loin. Marseille. Citoyens portuaires.

Une marche lancée par un beau jeune homme, doux et déterminé.

Blessé dans sa chair et dans sa tête.

La Marche s’impose.

Au départ, quelques manifestants pour des droits civiques : tolérance, reconnaissance, égalité, équité.

C’est le combat de tout le monde cette marche.

La Marche grossit.

Dans ma ville, elle commence à bruisser. Dans les quartiers, les mots se disent. On parle.

La Marche

Peu d’informations nous parviennent. « Ils » sont nombreux. De plus en plus nombreux.

Un curé marche avec eux. Un curé !

La Marche se structure.

Des étapes dignes du Tour de France.

Les accents, les terroirs, les reliefs se succèdent.

Les soutiens aussi.

La France est au rendez-vous, témoignant de l’état d’esprit et de la détermination des Marcheurs.

Au lycée, une carte de France avait été déployée en cours de français.

On s’appliquait à faire de beaux pointillés, le cœur gonflé et la gorge asséchée.

La Marche

L’itinéraire est désormais matérialisé. Rien ne pourrait les arrêter.

Alors que les marcheurs sont partis dans l’indifférence la plus totale des politiques et des médias, le serpentin humain avance, dans un esprit de solidarité, de joie et de dialogue.

La Marche interroge.

Mais que doit-on faire s’inquiètent les politiques !

Qui sont ces jeunes s’interrogent les médias.

Une « Marche pacifiste » !

Des milliers de jeunes qui convergent vers la capitale ! Comment doit-on réagir ?

Nous, à quelques encablures de Paris, on adhérait à la Marche.

Les profs, les associations de quartiers, les parents.

La Marche était le sujet de l’hiver 83.

Un tournant pour l’égalité.

Le 3 décembre, on était là…

Comme citoyens ordinaires, en nombre pour grossir les rangs du mouvement.

Il y avait là, dans une ambiance des plus festives, les dirigeants de mouvements de droit en tout genre, des curés, des rabbins, des vedettes de cinéma, des politiciens et des penseurs, des bébés dans leur poussette.

Mais il y avait surtout, les initiateurs de la Marche. Émus, surpris, ravis, dépassés et heureux…

Les Marcheurs qui estimaient être depuis trop longtemps privés du droit d’être reconnus en tant qu’enfants de la République.

La « Marche pour l’égalité et contre le racisme » révélera la force des convictions manifestées par des milliers de Français de toutes origines, luttant pour obtenir des droits humains fondamentaux.

Un événement gravé à vie dans ma tête.

Un événement qui me raconte l’histoire du désir de liberté, d’égalité de fraternité qui est l’héritage commun du peuple français…

Marcher est un acte symbolique.

Marcher, c’est être vivant, en mouvement.

Quand je marche, je vois

Quand je marche, on me voit.

Je marche… tu marches…# La Marche

 

Rabia Hamidi Nahar

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