Un film de cul. Résumé succinct de la vie sentimentale de la majorité des jeunes Bondynois. Ben, si vous croyez que c’est facile de trouver sa chérie avec un Picasso à la place du visage… On est moche comme ce n’est pas permis, à Bondy, c’est un fait. Oh, je sais ce que vous pensez : Idir, cette charmante exception qui confirme la règle ; merci, c’est gentil, mais même pas ! Moi aussi, j’ai fait mon temps dans le dégueulasse, comme tout le monde. Regardez cette photo (ci-dessous) : bibi, 6 ans après ma sortie de Jean Verdier, notre maternité sur les bords nauséabonds et mutagènes du canal de l’Ourcq. Versez vos dons à L’Oréal, semblait dire mon petit minois.

Malgré cet état de fait, les films pornos, les putes et les gros boudins qu’on met au goal dans nos matchs de rue, un authentique rat de Bondy n’en veut pas. Trop malin, rusé et tchatcheur, il connaît tous les trucs pour s’attirer les faveurs d’une belle dame, même avec une tête sortie tout droit du tréfonds, et un compte en banque aussi aride que le désert du Néguev. Et quand je dis « tous », c’est malheureusement la vérité ! Moi qui suis de la vieille école, je suis outré par ce qui se fait de nos jours, et pourtant dans le domaine, je suis un sacré salopard. Dernière innovation en date : l’élevage.

L’élevage, c’est la lie de la drague, une honte pour la gente masculine. C’est s’attaquer à plus faible que soit, c’est tirer le marcassin parce qu’on n’a pas pu avoir le sanglier, c’est jouer en Division d’honneur zaïroise quand on pourrait être le Réal Madrid, c’est aller trouver sa petite amie au lycée quand on approche de la trentaine !!!!

Sous prétexte qu’aucune fille de son âge ne pense à lui avant de dormir, « l’éleveur » décide de s’attirer les faveurs des jeunes pousses tout juste pubères qui écrivent encore des mots dans leur agenda avec des points sur les « i » en forme de cœur rose fuchsia. Et que l’entreprise est aisée quand on sait qu’à cet âge-là, une paire d’Air Max ou un joli scooter suffit à en mettre plein la vue à des jeunes midinettes qui n’ont pas encore compris que l’amour c’était dans les livres et les films, et pas à Bondy. L’élevage, ce n’est pas de la pédophilie, mais n’importe quel Bondynois qui vous verrait mettre la langue dans la bouche d’une fille qui a l’âge de sa petite sœur, vous jettera des cailloux et ferra en sorte que tout à chacun vous vanne jusqu’au sang et jusqu’à plus soif. Du coup l’éleveur agit en secret, il a honte. Il cible les frêles innocente de 16 à 17 ans, (il connaît bien son code pénal, le bougre), plus intéressées à impressionner leurs copines en sortant avec un « vieux » qu’à faire leurs devoirs.

Dans un premier temps, pas touche ! Il se contente de faire ami-ami avec sa proie, devient son confident secret, lui sort des phrases à la Dawson (les séries TV), un conditionnement mental qui payera quelques années plus tard quand la fillette aura entre 18 et 20 ans, l’âge dépendant de la perversité du bonhomme.

Une fois cet âge atteint, bingo ! L’élevage est fini, la belle tombe dans ses bras, elle n’a pas le choix, n’a connu qu’un « homme », lui, et ses attentions constantes lui ont fait oublié son corps de pélican. Comment pourrait-elle résister ? Ce n’est pas les garçons de sa classe qui se tue à la PlayStation, qui pourront lui payer le buffet à volonté à 14,90 euros de la muraille d’argent avec boisson incluse.

La nature étant bien faite, un mec qui pratique l’élevage n’est pas seulement laid, il est aussi souvent très con. Avec un peu de jugeote, la jeune brebis convoitée peut très bien faire de son éleveur un sacré pigeon, prêt à lui offrir tout et n’importe quoi, et cela, sans donner la moindre bise en retour. C’est pour ça que l’élevage est une ruine à Bondy, nos consœurs ont grandi avec les plus grands filous du monde libre ; la disquette, cette capacité à amener une demoiselle à partager son point de vue même le plus insensé, on ne la leur met pas comme ça. Certaines sont à la tête de véritables pigeonniers, les malines. L’arroseur arrosé…

Idir Hocini

Idir Hocini

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