Samedi 2 octobre, la troisième année de l’Ecole du blog démarre sur les chapeaux de roues ! Agathe André (photo), journaliste et invitée du jour, nous évoque ses années à Charlie Hebdo, journal satirique caractérisé par son ton mordant. « Libre », c’est le mot qu’elle emploie pour parler de cette période, puisqu’à Charlie Hebdo, « on peut tout dire ». Du coup, quitte à créer de vives polémiques, les rédacteurs de cet hebdo n’hésitent pas à balancer sur tout et tous. Pas d’exceptions.

Loin du style académique, le journalisme façon « Charlie » a pour but de susciter la réaction. Tout un art. Agathe André nous avoue ainsi avoir mis deux ans avant d’acquérir son propre Charlie’s style. Quelques conseils dispensés cependant : se réapproprier les faits pour pouvoir les exploiter, ensuite, au mieux. Ou encore, ne pas hésiter à aller dans l’ironie jusqu’au bout. L’ironie a cela d’original qu’elle permet de prendre le contrepied de l’événement dont on parle. C’est pousser une situation à l’extrême pour en démontrer toutes ses contradictions et son ridicule. A l’instar du précepte de « l’âne de Buridan », topos philosophique fort.

La séance s’est poursuivie avec la diffusion du reportage « La cité du mâle », qui a fait polémique après sa diffusion sur ARTE. Le reportage dépeint la façon de penser de quelques jeunes, « caïds » de la cité Barbusse de Vitry-sur-Seine (94), à propos des filles, leur violence. On retiendra certaines phrases chocs : « Tout le monde a déjà enlevé la vie par erreur » (dixit le meilleur ami du meurtrier de Sohane), ou encore : « Une baffe ça sert à déplacer les neurones » (concernant la violence vis-à-vis de certaines filles).

Le hic ? Même s’il expose une réalité à dénoncer, il est bien trop orienté et monté à la manière d’un film à charge. On déplore le manque de confrontation générale, l’absence du point de vue de davantage de filles de cette cité (seules figures féminines : Habbiba, « une bonhomme », et deux autres qui semblent approuver leur condition d’infériorité) et l’absence de réponse à cette question : « Qu’y a-t-il derrière cette violence ? »

Atelier pratique : une demi-heure pour pondre un papier à ce propos. La séance s’achève par un débat ouvert sur le documentaire, la vie dans les cités ou encore l’impact que peut avoir ce genre de reportage sur l’opinion. 13 heures : « La séance est levée ». Vivement la prochaine !

Amandine Liard


L’école du blog
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Amandine Liard

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