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Difficile de travailler et d’élever seul ses enfants ; c’est pourtant le quotidien de bon nombre de femmes qui n’ont pas d’autres alternatives.

Pour preuve il y a quelques semaines à Bondy, cette femme qui travaillant le soir a laissé ses enfants à la maison derrière elle. Malheureusement un drame est survenu, l’appartement a pris feu. Les enfants ont été sauvés grâce à un jeune qui était sous l’immeuble et qui a réceptionné les enfants qui se sont échappés par la fenêtre.

Après enquête, les services sociaux ont décidé de lui enlever la garde. Est-ce pour autant une mauvaise mère ? A Bondy, le S.A.J Du Breuil (service d’accueil de jour) à été créé en 2001 pour éviter le placement des enfants en famille d’accueil ou en foyer. Nous avons rencontré une éducatrice de jeunes enfants pour l’interroger sur cette alternative mise en place par le Conseil général.

Elle s’inscrit dans une politique de soutien à la parentalité et part du constat qu’en Seine Saint Denis, il y a de plus en plus d’enfants placés. Le département a voulu y réfléchir afin de limiter ce phénomène. Des éducateurs de jeunes enfants, des psychologues, des animateurs ont pour tâche de recevoir et d’accompagner des familles adressées souvent par d’autres services sociaux et de les aider à travailler sur leurs difficultés.

C’est un travail de prévention basé sur le volontariat puisque l’on ne peut obliger les familles à s’y rendre, si elles décident de venir c’est qu’il y a une volonté personnelle de s’en sortir. Dans cette structure, on reçoit les différents membres de la famille et pas forcement l’enfant seul ou celui qui pose problème. On y vient avec son père, sa mère, d’éventuels frères et sœurs. C’est vrai qu’il y a tout de même très peu de pères. Les familles suivies sont de toutes origines confondues, de tous âges, mais d’une manière générale, elles sont toutes touchées par des problèmes économiques et sociaux comme le logement, le travail, les violences conjugales.

On se souvient du cas de Drancy, il y quelques temps où des jeunes enfants avaient été trouvés sous alimentés, dans des conditions d’hygiène déplorables sans qu’aucun des services sociaux ni scolaires ne s’en soient aperçus. Que penser dans ces conditions des déclarations de Nicolas Sarkozy sur le fait de déceler la délinquance chez l’enfant dès son plus jeune âge.

L’éducatrice m’a alors appris qu’une pétition circulait sur Internet contre un rapport que le ministre avait commandé à l’INSERM concernant la violence et la délinquance précoce. Ce rapport indiquait qu’il fallait demander aux professionnels d’établir des grilles d’analyse sur les enfants. Pour elle, il s’agit d’une volonté de l’Etat de contrôler un peu plus ses citoyens. C’est une aberration qui va contre toutes les théories éducatives et pédagogiques puisqu’un très jeune enfant n’a pas la notion d’agressivité, il ne différencie pas le bien et le mal, c’est à l’adulte de lui apprendre, l’enfant n’est pas méchant, il manifeste ses émotions qu’il ne sait pas contrôler. Ses pulsions sont normales. C’est une forme d’expression que de passer par des phases dites agressives. De plus le propre de l’humain, c’est d’évoluer, il serait alors terrible de condamner quelqu’un à un si jeune âge.

On voit alors que tout ne peut pas se résoudre de manière si tranchée et que ce n’est pas faire preuve de faiblesse que de montrer un peu plus de flexibilité, notamment chez les très jeunes enfants.

Soraya Messaoudi

Soraya Messaoudi –

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