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Complexées par la couleur de leur épiderme, certaines femmes noires s’éclaircissent la peau pour plaire aux hommes. Elles sont prêtes à tout. Elles ont ainsi recours à différentes sortes de produits comme l’hydroquinone, le diprosone, la cortisone, les corticoïdes, les dérivés de mercure, le xhessal, les stéroïdes et bien d’autres. Tous ces produits, interdits en vente à cause des effets secondaires (troubles de la pigmentation qui devient foncée au niveau des phalanges, de l’eczéma, des brûlures…), sont retravaillés par les laboratoires cosmétiques et vendus par gamme comme les savons, les crèmes pour le corps, les lotions à des prix avoisinants les 5€. C’est un commerce en pleine expansion.

Quand les produits pharmaceutiques ne suffisent plus, les femmes qui veulent s’éclaircir la peau en arrivent à fabriquer d’autres produits qui agissent plus rapidement. Elles font alors différents panachages à base d’eau de javel, de soude utilisée pour les peintures, de crèmes contre la calvitie, de produits ménagers et de produits contenant de l’acide. Elles hibernent pendant quelques jours pour éviter la lumière du jour. Le résultat est révélateur, elles deviennent blanches, comme elles le voulaient. Mais au fils du temps, la peau s’abîme, des tâches noires apparaissent et certaines commencent à avoir de la barbe. La couleur devient jaunâtre. Cela peut provoquer des maladies de la peau notamment le cancer. Rien n’est plus périlleux que de mettre ainsi sa peau noire en danger.

Enquêter sur ce sujet n’est pas chose facile. S’éclaircir la peau reste un secret, un tabou dont il est difficile de discuter avec les femmes qui le pratiquent. Pourtant, un commerçant qui vend les produits d’éclaircissement me précise que le phénomène touche environ 15% des jeunes femmes noires dans la tranche d’âge des 20-25 ans.

Tifani, 32 ans, est d’origine Guyannaise. Elle s’éclaircit la peau depuis 8 ans environ : « C’est une amie qui m’a montrée comment je pouvais m’éclaircir

la peau. Je complexais de ne pas être désirable et pensais que cela venait de ma couleur. Cette amie qui s’en sert beaucoup, m’a conseillée différents produits susceptibles de m’aider. J’ai commencé ce traitement que je m’achète dans les boutiques asiatiques à Bondy ou africaines à Paris du côté de château rouge. Certaines marques sont interdites à la vente mais on en trouve toujours là bas. J’ai obtenu un résultat satisfaisant et depuis je continue à unifier ma peau. Mon nouveau petit ami ne le sait pas et j’ai peur de le perdre si j’arrête ces produits… ». 

Tifani estime qu’elle ne peut plus retourner en arrière, car maintenant la plupart des gens l’ont connue comme ça. Elle a peur que les gens se rendent compte qu’elle se blanchit la peau.

Essi GNAGLOM

Essi Gnaglom

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