Mise au point.

Tout d’abord, pourquoi le Bondy Blog aux journées d’été des verts, comme à celle de Rénover Maintenant, le mouvement d’Arnaud Montebourg ?
Pour deux raisons très simples.
La première, c’est que nous y avons été invités pour participer à des débats sur la banlieue avec d’autres associations (AC le feu, Devoir de mémoire, Alternative Citoyenne…).

Deuxième raison, ces invitations nous permettent de couvrir certaines universités d’été puisque fonctionnant depuis 3 mois avec un Budget 0, nous profitons de ces invitations pour envoyer des blogueurs couvrir ces évènements politiques ce qui nous permet de créer du contenu sur ce blog. Alors même si c’est tard pour le PS, si d’autres partis souhaitent nous inviter, nous y enverrons volontiers nos blogueurs pour couvrir l’évènement. On se débrouille comme on peut !

Une journée chez les verts.

Samedi Matin, le plénière des journées d’été des verts était consacrée aux banlieues. Devant une salle d’environ 400 personnes, plusieurs intervenants (dont le Bondy Blog) étaient réunis autour de la question « Quelles politiques pour les banlieues ? ». Pas de Dominique Voynet, pourtant sénatrice de Montreuil en Seine Saint Denis.
Trois idées ont retenu notre attention lors de ce débat.
Michel Kokoreff, sociologue, insiste sur le réticences évidentes qu’ont les formations politiques, en particuliers de gauche, à introduire dans leurs équipes des personnalités issues des quartiers. Il parle même de celles qui arrivent comme de véritables colons et qui expliquent aux habitants des quartiers comment ils vont les défendre en se gardant bien de les associer à leurs « luttes » et en les cantonnant à des rôles d’acteurs de terrain ou de pompiers lorsque les cités brûlent.

Hamida Ben Sadia, membre d’ « Alternatives citoyennes » et du Conseil Général de Seine Saint Denis parle de l’incapacité des partis à admettre que les classes populaires aujourd’hui sont en grande partie constituées par des immigrés ou des personnes issues de l’immigration et se demande où sont ces personnes dans les partis d’extrême gauche qui disent défendre la classe ouvrière.

Enfin, une militante « verte » du Nord explique les résistances y compris au sein des « verts » lorsqu’elle souhaite intégrer dans sa section des personnes d’origine musulmane mal perçues au nom des principes de laïcité du mouvement écologiste. Elle termine en disant qu’elle pense qu’un bon musulman peut être un bon républicain et un bon militant politique. La salle est très partagée.

En me baladant dans les allées après ce débat, je croise Ahmed, un jeune « vert » bien bronzé qui me dit qu’il va se présenter à la députation et à la mairie de Blois, la ville où il habite, enseigne la sociologie et anime la section locale. Etonné, je lui demande s’il est sûr qu’il y sera bien le candidat. Il me dit qu’il a des soutiens et que pour lui ça ne fait aucun doute. Un peu plus loin, je croise un responsable « vert » à qui je parle cette candidature à Blois et qui me dit que ce n’est pas si simple, qu’il y a les courants, les alliances avec le PS et tout ça. En gros, les verts ne sont pas encore prêts. Affaire à suivre !

Car en réalité que voit-on aussi aux journées d’été des verts ? En dehors d’une ambiance déprimante, peu de jeunes. J’en croise un au web café qui fait des recherches pas très sexy sur la création de toilettes sèches et sur la transformation d’une fosse sceptique en réservoir d’eau de pluie. On voit s’organiser une commission sur le rôle social de l’animal de compagnie. On parle du coût énergétique du sèche main électrique…

On se rend vite compte que depuis la prise de recul de Noël Mamère et le départ de Stéphane Pocrain, le positionnement sur des questions sociales (la question des droits, de la justice sociale, les sans-papiers) est devenu minoritaire chez les verts qui veulent se recentrer sur l’écologie, certains préférant même regarder à droite (voir l’invitation de Nicolas Hulot et de Corinne Lepage ce dimanche).

On entend dans les allées beaucoup de discussions sur les courants, les sous courants, les stratégies d’alliance pour 2007. Pas grand-chose sur les idées. En fait je me suis souvenu des propos d’une enseignante qui m’avait dit un jour : « J’ai arrêté de voter « verts »  le jour où j’ai commencé à militer chez les verts ».

Par Mohamed Hamidi

Mohamed Hamidi

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