Bondy, ma patrie, mon pays, ma terre ; va-t-elle disparaître ? La ville cratère sera-t-elle absorbée par la ville Lumière dans ce faramineux projet qu’est le Grand Paris ?  Pas tout à fait m’explique un urbaniste stagiaire de l’AIGP (Agence internationale du Grand Paris).  Certes, il existe un petit risque que sur la fin du projet, Paris décide de  s’étendre comme la ville l’a déjà fait  au XIX siècle absorbant des faubourgs comme Belleville.  Mais le Grand Paris  m’explique-t-on,  vise avant toute chose à réconcilier le centre ville et la banlieue.

Encore plus de transports de Paris à sa périphérie, de banlieue à banlieue, de ma rue à la boulangerie, telles sont les belles promesses du Grand Paris. La dolce vita en somme, même pour Clichy-sous-Bois.  Un train enfin, pour cette ville du fond des bois les reliera au monde des humains… Mais pas avant 2025.

A part des nouveaux tchous tchous , le Grand Paris  c’est quoi ? « C’est un projet de société » m’explique le stagiaire.  « Ouais c’est pas faux », je lui réponds. Je réponds toujours ça pour ne pas passer pour un con, quand je n’ai pas compris un truc, j’ai chipé ça dans la série Kaamellot, imparable au boulot.  Le stagiaire réessaye : « Ne t’inquiète pas  Bondy ne sera pas envahie par des cosaques parisiens et tu pourras continuer à manger des kebabs. Seulement, les villes de banlieues se transformeront, leurs images seront  améliorées, comme Belleville et Barbès qui sont devenus des quartiers sympas ».

« Attendez là ! Vous pouvez pas dire que la banlieue c’est que des endroits qui craignent, Saint-Denis Montreuil ont aussi leur quartier bobo », rétorque un autre urbaniste. « Les perspectives ! Les perspectives !! C’est la base !!! », s’époumone une autre.  «Faïza ! Ramène du pop corn ! Combat d’architectes !! » je crie dans les allées des Jéru.

Le premier coup de sang passé, un stagiaire de l’AIGP réussit quand même à me donner une réponse  compréhensible: « Le Grand Paris c’est la fin du périphérique et de la frontière qu’elle représente ».

Idir Hocini

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