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Il y a longtemps que le jeu vidéo n’est plus une activité solitaire et a laissé place au jeu en réseau. Les fanas de Nintendo DS se donnent régulièrement rendez-vous dans des bars de la capitale. Le mot de passe : DS in Paris.

Parmi les innombrables sorties de la gare de Châtelet-les-Halles, l’une d’elle vous mène directement devant le Quigley’s Point, situé au 5 rue du Jour. Il est 19h06 et je viens d’arriver au point de rendez-vous de la DS in Paris. Ce sympathique bar irlandais a un rez-de-chaussé et un étage. Alors que les habitués du bar restent en bas, boivent, mangent et discutent, je grimpe les marches pour rejoindre les joueurs de la DS in Paris. Ma première action, c’est de prendre place sur le premier fauteuil libre, au milieu d’inconnus. Il y a deux raisons à cela. Premièrement, au rythme où se remplit la salle, il ne faut pas traîner pour prendre une place assise. Deuxièmement, nous sommes entre passionnés. Chercher directement à se mettre avec les personnes que l’on connaît nous priverait de belles rencontres et ne ferait qu’augmenter nos chances de se se sentir seuls à certains moments, en absences de « nos fameuses connaissances ».

J’aborde (enfin) l’homme qui se trouve en face de moi et lui propose de faire équipe. Au programme : Mario Kart DS et Mario Open Tennis. Ce qui est agréable, c’est qu’on peut jouer à certains jeux même si l’un des joueurs ne possède pas la cartouche grâce au mode Téléchargement de la 3DS. Bilan : je gagne à Mario Kart mais m’incline 2-1 à Open Tennis, un jeu que j’ai tout juste découvert. Après que mon partenaire ait souhaité passer à autre chose, je me fais aborder par un joueur qui m’invite à rejoindre une partie de Mario Kart 3DS. Je décline l’invitation car je ne possède pas l’exemplaire du jeu. On peut quand même jouer grâce au mode téléchargement, comme avec la version précédente. Mais la différence c’est que les temps de chargement sont longs…très longs…trop longs. Ça gâche le plaisir et « l’intrus » en subit parfois les conséquences. J’en ai eu la parfaite illustration quelques minutes auparavant : « Argh ! Qui n’a pas sa cartouche ? Qui est l’intrus ? »

De retour après avoir commandé une boisson, j’entame une conversation avec un groupe de jeunes. J’apprends qu’ils ont « cramé » plusieurs XBOX 360, une console dont les premiers modèles n’ont pas l’air d’être fiables. Ça m’inquiète pour la mienne… Mes interlocuteurs sont malheureusement sur le point de partir. J’avais l’espoir d’essayer avec eux un nouveau jeu : Monster Hunter Three Ultimate, très apprécié ici car il est taillé sur-mesure pour le jeu en équipe. Comme le titre l’indique, le principe c’est de capturer des monstres. Lorsque l’on vient à la DS in Paris, il vaut mieux être à la pointe de l’actualité. Entendez par là qu’il est préférable de posséder les derniers hits à la mode. Sous peine de quoi, vous risquer de vivre quelques moments de solitude. Ça ne signifie pas que des anciens jeux sont délaissés. Caduceus, un habitué de la DS in Paris, le confirme : « Certains jeux 3DS n’ont pas encore d’équivalent sur 3DS. Quand c’est le cas, ce n’est pas toujours satisfaisant. Par exemple, Tetris DS est supérieur à celui sur 3DS. On peut jouer jusqu’à dix, contre huit sur la dernière version. En plus il est plus simple et plus amusant. Tout le monde joue à Mario Kart 7 mais il y en certains comme moi qui lui préfèrent la version DS. »

Le dernier jeu auquel je joue c’est Luigi’s Mansion 2 : l’équipe de dont vous faite partie doit nettoyer à l’aide d’un aspirateur des pièces plus ou moins infestées de fantômes. Après quelques parties, je m’adresse à l’un de mes voisins qui m’apprend qu’il est passé à un autre jeu. Je réalise donc avec quelques minutes de retard que je joue avec des gens que je ne connais pas et dont j’ignore la position.

On a beau être dans une pièce fermée, il règne une ambiance de marché. De la même manière que les vendeurs tentent d’attirer des clients en criant des noms de produits à des prix censés être imbattables, des joueurs crient le nom d’un jeu et le nombre de places restantes. Ce qui nous donne : « Bomberman, six places ! » Si vous pensez être le seul à posséder un jeu, parce que vous ne voyez pas les autres y jouer sur leur console, il y a de fortes chances que vous vous trompiez. Au gré des discussions, vous vous rendez effectivement compte que pas mal d’habitués viennent avec toutes leurs cartouches de jeu réunis dans une boîte. On vous explique alors que si vous souhaitez jouer à un jeu en particulier, il suffit d’en faire l’annonce. Cette démarche implique une certaine dose de courage, mais est infiniment plus efficace que celle consistant à aborder tous les joueurs, quasiment un par un. Alors le jour où je me sentirai prêt, je crierai à mon tour : « Kid Icarus, cinq places ! »

Olufemi Ajayi

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