RER E, le train magique qui fait le voyage Bondy/Paris en moins d’un quart d’heure ; ce jour-là en plein après-midi, je suis seul dans un compartiment à l’étage. Un homme vient s’installer avec moi, juste en face, quelques sièges nous séparent. Le genre de type bien bizarre qui ferait peur à n’importe quelles filles, parce qu’il marmonne, parle tout seul avec un accent incompréhensible et qu’il est loin d’être un Brad  Pitt. Il me montre alors un couteau, et je comprends alors d’après ses gestes qu’il vient de le trouver et qu’il déplore de trouver ça ici.

Il me fait ensuite comprendre avec des signes de ne rien dire, de ne pas parler, et passe son doigt sous sa gorge pour me faire comprendre que ça ira mal pour moi. Je lui signifie par des gestes qu’il n’a rien à craindre de moi. Il se met alors à faire je ne sais quoi sur le siège devant lui, il utilise le couteau, mais je ne vois pas ce qu’il fait. J’essaie de voir par le reflet de la vitre mais rien n’y fait. Le bonhomme ne cesse de me regarder par petits coups et de faire chut avec son doigt. Intrigué par ce qu’il fait, je lui fais comprendre encore avec des signes que je peux venir voir, et ce dernier m’invite alors à m’approcher. Le type est en train de déballer un petit truc, qui était auparavant dans un mouchoir, et là, il reste du plastique. Il continue à dérouler : « encore et toujours du plastique ! » L’homme a l’air furieux; bien évidemment, c’est de la drogue, il est très mécontent de voir autant d’emballage pour si peu de contenu. Il me dit alors que normalement pour 40 euros, il aurait dû avoir le double ! Mais ce n’est pas grave car il a payé avec de faux billets ! « C’est un mec, il m’a donné, donné, donné ! Dix fois gratuit, après je ne pouvais plus arrêter ! J’ai tout vendu ! Mes chaînes, ma montre, mes bijoux ».

Sa petite pastille blanche de forme carrée dans le bout de plastique, il y met le bout du couteau, et en prend la moitié, il le met ensuite sur un genre de bouchon, brûle, et fume par l’autre bout.  Je lui demande alors naïvement « c’est quoi ? » et celui-ci me dit : « Policccia ?!!! » et après ma réponse négative il me dit « crack ! » Il osera même me proposer si j’en voulais, mais là jamais ! Il a craqué le type ! En attendant à la porte, le type continue de marmonner, « si un seul me touche, je le tue !… non, ce n’est pas bien, je ne suis pas comme ça…». Une fois descendu sur le quai, je le trouve alors très parano. Il regarde partout, n’ose pas tout de suite se mettre à marcher, et je m’éloigne alors de lui en me disant que le couteau, finalement il ne l’avait pas trouvé, mais qu’il devait lui appartenir, et que je n’avais rien compris à la version du couteau trouvé.

Chou Sin

Chou Sin

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