Quelles sont les conditions de vie des migrants depuis les expulsions et la destruction de leurs camps cet été ?

Aujourd’hui, la situation à Calais est catastrophique. Les migrants survivent dans des conditions indignes, ils manquent de nourriture et d’hygiène. Ils se retrouvent dans la rue, avec encore moins d’éléments de survie, quand leurs tentes sont détruites par les forces de l’ordre lors de contrôle police. Ils manquent de tout et affrontent les difficultés de la vie à la rue. Les urgences sont quotidiennes. Face à cette réalité, les associations ainsi que les Calaisiens se mobilisent en apportant de la nourriture et des tentes. Il y a également une montée de la violence entre migrants qui s’explique par plusieurs facteurs. Les migrants doivent survivre dans des conditions précaires pour avoir de la nourriture et un minimum d’hygiène et atteindre l’Angleterre.

Quelles sont les réponses apportées par Médecins du Monde ?

On va dans différents lieux à la rencontre des migrants. Des lieux en marge des endroits de passage, car ces personnes craignent les violences, notamment la répression policière. On s’engage à aller au plus près d’eux pour leur donner des tentes, des bâches, des duvets, des kits d’hygiène. On a installé des toilettes chimiques et des douches au squat Impasse de Salines, qui concentre plus de 200 migrants. On a aussi interpellé la mairie pour que les déchets soient récupérés sur les différents sites occupés par les clandestins. Un camping-car sillonne Calais et ses alentours, à son bord une douche. C’est aussi et surtout un moment d’écoute. On discute avec les migrants. Ils nous parlent de leur quotidien, de la violence dont ils sont victimes.

L’ouverture d’un centre d’accueil de jour à Calais est l’une des réponses proposées par le Ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Selon vous, est-une solution satisfaisante face à la situation actuelle ? 

Les centres d’accueil permettent aux gens de se poser durant leur parcours migratoire. Cependant ça reste un centre de jour et non pas un centre d’hébergement. De plus, il s’agit d’un centre qui concentrera tous les migrants. Ce que l’on préconise, ce sont plusieurs petites unités d’accueil qui favorisent le travail d’accompagnement social effectué par les associations, notamment en termes d’informations sur les questions de santé et de droit.

Malheureusement ces questions sont écartés pour ne répondre que par des expulsions. On souhaite que la situation soit gérée par l’État et les collectivités, pour mettre en place les premières facilités, c’est à dire les toilettes, l’accès à l’eau, des hébergements pour qu’on puisse enfin sortir de cette situation de précarité. Ensuite, il s’agit de travailler en dehors de ces urgences vitales à une sortie de crise pour imaginer des structures innovantes dans le futur. Ces populations sont à Calais depuis plus de 10 ans, elle continueront à graviter sur le territoire dans les années à venir. Il faut donc regarder la situation en face et trouver de vraies solutions.

Propos recueillis par Leïla Khouiel

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