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Pour ceux qui ne connaissent encore par le Muslim Show, il s’agit d’une bande dessinée mettant en scène avec humour et parfois avec un ton moralisateur l’islam et les musulmans. Elle est réservée principalement à ce public. Le compte FB francophone est suivi par plus de 400 000 personnes. Super-héros : nouvelles idoles des temps modernes c’est un texte de 17 pages écrit par Norédine Allam Abou-I-Fikar qui présente le danger des comics. L’article est jugé par son auteur comme « très sérieux sur le danger des superhéros pour la jeunesse musulmane » et se divise en trois parties. Il revient sur l’origine de ces bandes dessinées américaine, la nouvelle mythologie qu’incarnent ces figures et les « écrivains sorciers ». De nombreuses sourates du Coran sont utilisées pour un curieux argumentaire.
On y découvre une analyse critique de Superman et des héros en tout genre. Norédine Allam Abou-I-Fikaar précise que les auteurs du Kryptonien à la cape rouge et aux collants bleus (Jerry Siegel et Joe Shuster) sont juifs. Cette information peu utile sous-entend peut-être un problème ou une preuve d’un complot mondial. Ce qu’on reproche à Captain America, Batman ou Wonder Woman c’est d’être des nouveaux dieux imaginaires. Certains ont des pouvoirs proches du prophète ce qui équivaut à une trahison et une insulte. « Cela devrait suffire aux musulmans à détester ces histoires ou d’autres auteurs vont encore plus loin dans le blasphème en donnant à leurs personnages des attributs divins. » Le vrai problème est expliqué plus loin, si vos enfants aiment ces idoles païennes, c’est un véritable danger, car les comics « utilisent des techniques de sorcellerie » (p.8).
Plusieurs pages concernent cette grande extrapolation qui influencerait les scénaristes et les lecteurs. On reproche à Allan Moore et à Grant Morisson les thématiques de l’occultisme, du mysticisme dans leurs œuvres ainsi que leurs intérêts présumés pour la magie. Ces deux auteurs seraient soi-disant disciples d’Aleister Crowley (1875-1947) le grand sorcier sataniste et occultiste du XXe siècle. Un parallèle troublant est fait avec le personnage de la sorcière rouge dans Avengers qui après avoir été ennemie devient une alliée : « Le message est donc clair pour les enfants : Toi aussi tu peux faire de la sorcellerie tant que c’est pour le bien de l’Amérique ». Enfin, le constat est apocalyptique, les comics sont partout : dans les jouets, les affaires d’écoles, les séries TV, les vêtements. Les dernières phrases de l’article concluent bien une vision paranoïaque : « Donner son argent à ces marques, ou même les cautionner publiquement, c’est encourager et promouvoir l’idolâtrie, la pratique de la sorcellerie et le blasphème religieux ».
Sur Facebook, c’est l’interrogation générale où de nombreuses personnes contestent et commentent l’article. Beaucoup réfutent les différents arguments de l’auteur. Les comics sont des œuvres de fictions. Marvel et DC n’ont jamais opposé les religions. Les films sont produits pour toucher un public particulièrement large. Les accusations de Norédine Allam Abou-I-Fikar paraissent surprenantes et sans fondement.
Lloyd Chery

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