En ces temps de période électorale il y a les mécontents qui attendent les urnes pour pouvoir faire entendre leur voix, ceux qui n’y croient plus trop ou qui n’y ont à vrai dire jamais cru et ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir se poser la question car leur voix n’intéresse pas, ce sont les étrangers.

Même en situation régulière ils ne peuvent prétendre aux droits du citoyen lambda. C’est une des raisons qui a motivé Abdel à vouloir entamer une procédure de réintégration (en tant que ressortissant d’un Etat devenu indépendant). Parmi tant d’autres, il doit subir les conditions dans lesquelles sont toujours reçus les étrangers lors du renouvellement de leur titre de séjour par exemple, malgré les récents travaux effectués qui n’ont pas changé grand-chose selon les usagers. On va finir par se demander si cette pagaille générale depuis le temps qu’elle dure n’est pas volontairement entretenue. Comment expliquer sinon que l’on soit toujours obligé de s’y rendre au milieu de la nuit pour faire la queue pour être certain d’obtenir un ticket sans lequel on ne peut déposer sa demande ?

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’en juin 2006 il se présente afin de retirer son dossier de réintégration et que la secrétaire lui remet le formulaire à remplir et la liste des documents à fournir, elle lui donne naturellement rendez-vous en octobre 2007 pour le dépôt. Il faut au moins reconnaître que ça laisse le temps de rassembler les différentes pièces. Cet homme sidéré par un délai d’attente aussi long s’est alors interrogé sur le temps de traitement de la demande, et je ne vous dis pas quel fût son découragement, même si lui est sûr de l’obtenir, son épouse et ses enfants étant Français. Il s’est bien renseigné sur un moyen de suivre une autre procédure moins rigide et qui faciliterait les démarches aux résidents installés ici depuis de très nombreuses années mais en vain. Souhaitons-lui de ne pas rencontrer de difficultés supplémentaires comme la perte du dossier pendant la phase de traitement qui est arrivée à d’autres et qui a encore retardé l’obtention de leur document.

Ceux qui ont passé l’épreuve avec succès se voient remettre le fameux décret en main propre lors d’une cérémonie très officielle en préfecture. J’aurais aimé y assister afin de la raconter et aussi obtenir les réactions de ces nouveaux Français mais je n’ai à ce jour, et malgré mes multiples demandes auprès de la personne en charge de l’organisation de cette évènement, pas reçu l’accréditation qui me permettrait d’y assister. Je ne me décourage pas d’y parvenir, peut-être par un autre moyen et de pouvoir vous la raconter lors d’un prochain post.

Soraya Messaoudi

Soraya Messaoudi

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