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C’est au fond de l’allée, au deuxième étage du bâtiment C d’une petite résidence dans le 12e arrondissement de Paris que nos personnages, Maya et Sophie, 22 ans chacune, habitent. Un 30 mètres carrés, l’espace n’est pas très important, mais il convient parfaitement à la vie de nos deux héroïnes qui ne peuvent pas non plus se payer le grand luxe. Elles on deux mots d’ordre : l’organisation et le rangement.

J’ai été invité chez elles à une « crêpes-party ». Je garde un très bon souvenir de leur hospitalité. Amies de longue date, Maya et Sophie sont différentes l’une de l’autre, que ça soit physiquement ou psychologiquement. L’une plus ouverte aux autres, l’autre un peu froide selon les moments, l’une avec de l’assurance, l’autre avec un manque de confiance… Mais toutes les deux sont si élégantes, gentilles, drôles et j’en passe, que je ne pourrai m’arrêter de les complimenter : Maya, brune au regard mordant, dont j’aime particulièrement la paire de chaussures jaune fluo, et Sophie, blonde aux yeux « multicolores » si attirants, dont la garde robe, que j’apprécie, ne cesse de s’agrandir.

On est vendredi et c’est avec cruauté que le radio-réveil tente de mettre sur pied Maya et Sophie, deux jeunes colocataires parisiennes. Quand sonne l’heure du lever, chacune a un rituel bien spécifique : d’un côté, Maya qui résiste à la tentation de ne pas se rendormir après avoir ouvert les paupières, auquel cas Sophie provoque « un tremblement de lit », magnitude cinq sur l’échelle du réveil difficile. De l’autre, Sophie qui programme sa sortie du sommeil une heure plus tôt avec dix minutes d’intervalle jusqu’au gong final, où il ne sera plus possible de repousser l’échéance. Il est neuf heures, première arrivée, première servie, c’est ainsi que la bataille suit son cours. Après l’adieu à Morphée, la douche !

Les filles ont de l’avance, Sophie boit son café habituel – ça lui arrive d’en boire des litres en une seule journée – et Maya avale son incontournable thé (elle l’aime sans cannelle, je ne la comprends pas…). Dix heures au téléphone portable : le parcours de la combattante domestique terminé, nos drôles de dames vont affronter leur journée la plus ennuyeuse de la semaine (elles ont cours ensemble). Mais, ce vendredi-là, les imprévus s’enchaînent.

Elles tombent d’abord sur des amis dans le métro avec qui elles décident d’aller se poser au parc du campus. Cette rencontre est un bon prétexte pour sécher le premier amphi de la journée, un cours de mathématique, en plus. Midi et demi, après un long moment de détente, les filles s’en vont déjeuner au Crous. Mais qui voilà ? Des camarades rencontrées au ski. Une bonne occasion de partager des souvenirs encore proches. Les filles se rendent ensuite à leur TD, premier et seul cours de leur après-midi.

Sortie de fac. C’est le tour de Maya d’aller faire les courses, tandis que Sophie prend du bon temps, faisant la touriste dans Paris (la prochaine fois, c’est Maya qui ira se promener et c’est Sophie qui se coltinera la supérette). Dix-sept heures, Maya rentre plus tôt que Sophie à la maison, range les courses. Toutes les deux sont enfin réunies pour un moment, mais elles vont de nouveau se séparer. Les filles se mettent sur leur 31 avant de sortir et profiter de cette fin de semaine, qui nous amène, avec euphorie, à ces sacrés deux jours de week-end !

Il n’est pas question de rester à ne rien faire, Maya et Sophie vont retrouver des amis, chacune de son côté. Sophie s’en va au cinéma à Opéra et finira la soirée en mode impro ; Maya, elle, fait son traditionnel parcours du vendredi soir : boire un café dans son bistrot préféré, une partie de cache-cache (elle dit « chac-chac ») en plein parc, puis un bon dîner chez un traiteur chinois. Elles rentrent de leur belle et fatigante soirée aux alentours de… minuit.

Il arrive aux filles, après s’être débarbouillées, de se raconter leur journée, de parler d’amis, de familles, d’elles-mêmes… La plupart du temps, toutefois, Maya et Sophie aiment travailler, regarder des films et traîner sur Facebook. Ha la là, cette génération accro au net…

Ferhat Dikmetas

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