Face à la crise financière et au pouvoir d’achat en berne, la France d’en bas s’organise comme elle peut. Pour l’instant, le seul commerce qui s’adapte à cette situation, c’est l’épicier, plus fréquemment appelé l’Arabe du coin. Grâce à lui, c’en est fini du paquet de cigarettes à 5 euros et trente centimes. Maintenant, c’est 40 centimes la clope. Pas donné, mais du coup, les fumeurs fument moins. Cela ne vaut pas que pour les cigarettes, il y a aussi les feuilles à rouler à prix très abordable, 10 centimes l’unité seulement. Pour les gourmands, il existe de nombreuses gammes de gâteaux vendus en sachets individuels à 60 centimes, ainsi que les pistaches, cacahuètes et noix de cajou qui sont vendues au gramme.

Avec la hausse des prix, les petits trafics en tout genre intéressent des personnes qui jusque-là n’imaginaient pas qu’ils y auraient recours un jour, eux aussi. C’est le cas d’un des mes anciens profs, qui m’a demandé : « Tu n’as pas de téléphone portable à vendre ? C’est bientôt l’anniversaire de mon fils et au magasin, ils sont trop chers. » J’ai été choqué par sa demande : ce prof que j’avais eu pendant des années au collège me faisait part de son souhait d’acheter du matériel « tombé du camion ». En même temps, j’ai compati : c’est dur pour tout le monde, même pour un employé de l’éducation nationale.

Si nous continuons dans cette voie, il faudra s’attendre à des bouclages de fin de mois difficiles pour toutes les couches sociales de l’Hexagone. Même pour notre président, ce sera dur. Il aura du mal à faire le plein d’essence pour son yacht. Comme le dit le grand philosophe Idriss K : « Habitants de Babylone, ne vous inquiétez pas, demain est un autre jour. »

Idriss K

Idriss K

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