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N. était en couple depuis un an et demi. Son histoire ressemble à celles de nombreuses jeunes filles. Il lui arrivait trop souvent d’oublier de prendre son « petit bonbon du soir », comme elle dit. Et ces nombreux oublis vont lui être fatals. Fatigues passagères, étourdissements réguliers, elle était à mille lieues de penser qu’elle était enceinte. Mais le retard dans ses règles va lui faire comprendre que c’est le cas.

Enceinte, c’est une situation qu’elle n’avait pas voulu, et encore moins envisagée. Elle commençait tout juste à avoir une stabilité professionnelle. De plus, elle ne s’estimait pas prête à enfanter. Et puis, N. est une jeune fille magrébine. Il était donc inconcevable, pour elle, de se présenter enceinte à ses parents sans avoir respecté certaines conditions, dont une, primordiale : le mariage, préalable à la maternité.

S’impose alors à elle la solution de l’avortement. Elle prend tout juste le temps de la réflexion. Perturbée par ce qui lui arrive, elle entreprend seule les démarches nécessaires pour se faire avorter. Après des recherches qu’elle fait sur le net, elle apprend qu’il existe deux façons de pratiquer une IVG : l’avortement médicamenteux (le RU486 qu’elle découvrait) et l’ « avortement classique », selon ses termes, qui consiste à subir une intervention au bloc. Le choix de l’une ou l’autre méthode dépend du nombre de semaines de grossesse.

Au planning familial, la secrétaire lui fait comprendre que ce sera plus long qu’elle ne pensait : elle lui propose un rendez-vous la semaine suivante. Mais pour N., il est hors de question d’attendre une semaine de plus. Elle veut en finir au plus vite. La secrétaire lui donne les coordonnées d’une gynécologue, habilitée à pratiquer l’avortement médicamenteux. Elle la contacte et obtient un rendez-vous le jour même. La consultation a lieu. Elle est encore dans les délais pour un avortement médicamenteux. En 48 heures, l’IVG a lieu (en deux étapes par l’absorption de deux comprimés à 48 heures d’intervalle.)

Aujourd’hui, avec le recul, le plus dur pour elle, c’était de prendre la décision d’avorter et d’en assumer les conséquences. Car cette décision, elle l’a prise seule, sans même en faire part à son ami (avec qui elle a rompu). Le choix de se faire avorter, elle ne le regrette absolument pas. Ce qu’elle regrette, c’est de ne pas avoir pris sa contraception au sérieux. C’est pour cela qu’elle a changé de mode de contraception : pour pallier tout oubli, elle s’est fait poser un implant.

Selon les chiffres, les avortements sont pratiqués le plus souvent suite à des oublis ou au non usage d’un contraceptif. Le ministère de la santé vient de lancer une campagne d’information pour, entre autres, mieux sensibiliser les jeunes sur les différents modes de contraceptifs existants.

Latifa Zahi

Latifa Zahi –

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