En passant devant la vitrine d’un restaurant, nous tombons en émoi devant la carte. Ça semble alléchant et l’endroit est assez classe. Les serveurs s’affèrent tranquillement. Nous décidons de nous asseoir tout en discutant. Nous nous trouvons en face de la gare Saint-Charles, si bien qu’en ce jour ensoleillé de long week-end de 8 Mai-Pentecôte, nous profitons du panorama sur la partie basse de la ville. Il est 13 heures, les gens attablés semblent profiter de la vue et des UV en même temps que les enfants. Un repas dans un restau classe, c’est toujours bon à prendre en ces temps de vie chère : il ne faut pas en rater une miette. Les gens mangent donc consciencieusement.

Le repas commence, Fethi est ravi ; il goûte son plat composé de poulet sur son lit de verdure. Je commence le mien tout en le commentant avec amour car j’en ai déjà mangé il y a plusieurs mois. « Je vous jure que c’est délicieux, ils ont réussi à allier les saveurs d’une façon incroyable. J’en avais déjà dévorés en région parisienne. Mais là, ça faisait trop longtemps. Je me rappelle qu’une fois, on était allés en manger avec Chou, Bondy-blogueur qui est parti depuis en Chine. Il en parlait avec amour et avait des trémolos poétiques et lyriques dans la voix. A l’époque, on s’était resservis trois fois tellement on trouvait cela délicieux. »

Pendant que nous parlons, Fethi et Aminata regardent mon plat sans envie car il contient de la viande et notamment du porc, tandis qu’eux mangent hallal. Ils ont choisi une autre spécialité du pays, Aminata s’attaque à une espèce de salade provençale qui fait son bonheur. Mais je la regarde avec dédain pendant que je me jette sur mon plat. J’attaque la seconde portion généreuse à pleine main. C’est ça qui est bien dans la grande cuisine du pays provençal. Ici, nous pouvons manger avec les mains. C’est sans doute pour ça que les enfants aiment également cela et s’en délecte. Les pommes de terre semblent cuites avec amour et accompagnent le plat principal avec magnificence. Elles éveillent toutes mes papilles gustatives. La viande est cuite à point, elle est accompagnée de légumes et de tomates provençales du pays (à ce que me dit la serveuse) qui sentent bon le soleil.

J’aurais pu bien sûr préférer une bonne bouillabaisse. Mais décidément, il fait trop chaud pour cela. D’ailleurs, c’est la raison qui a motivé le choix de ma boisson et de mon dessert. Une bonne bière locale, bien fraîche, complète mon repas tandis que la serveuse m’apporte le final : un îlot de glace sur lequel repose un coulis d’ananas et de fruits de la passion avec un nappage craquant, pardon, croquant.

Bon, ok, là, je reconnais que ça ne fait pas très local. Mais il n’y a pas à dire, c’est très frais et tous les restaurants ne vous servent pas cela sur les hauteurs de Marseille avec la possibilité de voir la ville ronronner sous le soleil rougeoyant de 14 heures. La température dépasse allégrement les 20 degrés, il est bon de voir digérer la ville en ce moment de la journée, à côté de la gare Saint Charles.

Ça y est, nous avons fini. Je me lève et jette mon plateau dans la poubelle, je me retourne vers Fethi et Aminata, complètement repus, et leur lance : « Y a pas à dire, pour environ 6 euros, on peut dire que le sandwich CBO*, c’est vraiment une réussite. Et dire que Mac Donald a arrêté ce chef d’œuvre sur Paris et qu’on en trouve maintenant seulement sur Marseille. Jusqu’à la fin du week-end, je pense que je vais manger Mc Do, matin, midi et soir. »

Axel Ardes

*CBO : Chicken, bacon, oignons : poulet, bacon, oignons.

Axel Ardes

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