Tenter un saut dans la capitale ou rester zoner ? C’est le dilemme du samedi soir pour la jeunesse banlieusarde. Le temps de faire ses plans, il est déjà tard et il n’y a déjà plus de sous.

Le problème quand on n’est pas dans Paris, c’est qu’on n’est pas dans Paris.
– Bon les gars, il est 19 heures on fait quoi ?
– J’sais pas, ça vous dis pas une petite soirée posée chez toi ?
– Oh non pas encore, j’en ai marre de ma véranda !  Vous voulez pas qu’on aille sur Paris pour changer ? Genre on se pose tranquille dans un bar ?
– Mais vas y ! Ce sera la même chose, sauf qu’on va boire pour plus cher que si on se pose chez toi ! De toute façon, j’ai pas de thune.

Le voilà, le houleux débat habituel du samedi soir. Même intro, différentes conclusions et les mêmes arguments qui reviennent inlassablement. Quand on est un jeune banlieusard il n’y a pas grand-chose à faire le weekend, ou en tout cas, on a vite fait le tour des activités.
– Pff, mais on fait toujours la même chose, on se pose chez moi, jeu de cartes, alcool, clopes et vous rentrez vers 3 ou 4 heures. J’ai certes pas beaucoup de chemin pour rejoindre mon lit, mais ce serait cool de changer d’air, nan ?
– Bon va pour un plan sur Paris…

Une fois qu’on veut faire une sortie, il faut penser à s’organiser. Manger avant ou là-bas ? Et si on part trop tard, la sortie vaudra-t-elle le coup ? De la gare de Bondy jusqu’à Magenta ou Haussmann-Saint-Lazare, il y a environ 20 minutes de trajet en RER, sans compter les trajets en métro pour rejoindre un coin sympa. Ce qui fait qu’en partant de la gare de Bondy à 21 heures, l’heure limite, on arrive facilement une heure plus tard à destination.

Evidemment, l’horaire programmé est souvent dépassé parce qu’il y a un retardataire ou un contretemps. Une fois à Paris, il faut trouver un bar pas trop cher, histoire de passer une bonne soirée sans trop payer. Avec un peu de chance, on en a déjà un en tête. Mais le bar est plein. L’heure d’après, il faut déjà penser à rentrer car il est 23 heures et les derniers RER sont à minuit, tout en comptant le trajet métro. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un endroit où crécher à Paris…

A quelque minutes du dernier RER, à 00h55 tout le monde cours. Finalement on a passé environ une heure dans le bar et presque le double dans les transports. C’est pour cette raison que souvent, le plan Paris tombe à l’eau. Sans parler de la somme à dépenser, entre boissons et transports. La soirée se poursuit généralement chez un pote.

Résultats des courses : on part rarement un samedi soir à Paris sur un coup tête si on veut une soirée qui tienne la route.

Tom Chazelas

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