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Aujourd’hui, ce n’était pas comme d’habitude. D’habitude, un lundi, la place de la République à Paris est vide, ou presque. Quelques jeunes font du skateboard, d’autres discutent assis sous un arbre. Mais ce lundi, en sortant de la bouche de métro qui donne au centre de la place, je ne sais plus où regarder. Des caméras, des flashs, des micros et surtout… énormément de monde.
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L’odeur des milliers de bougies en train de brûler envahit mes narines, je n’entends presque plus le brouhaha causé par la circulation et les sirènes de police mobilisée dans toute la région. La place est noire de monde, tous venus se recueillir aux pieds de la statue. Le sol est recouvert de mots, de dessins à la craie. La tristesse se lit sur chaque visage, certains semblent épuisés après plusieurs nuits blanches. D’autres ont les yeux rougis par les larmes versées après la perte de 129 personnes.
Au cœur de Paris, le temps semble s’être arrêté de tourner. On est là, pour les morts et les blessés, et pour espérer que cela va s’arrêter. Abdel, parisien venu déposer une rose et un petit mot au milieu des milliers de fleurs et bougies qui s’accumulent au sol, espère que ces actes n’arriveront plus : « Je suis venu soutenir les victimes. Je ne veux pas que cela recommence et surtout je ne veux pas que l’amalgame soit fait. Ces “satans”, ces monstres, ne sont pas musulmans. Il faut faire la différence entre eux et nous. Et pour eux, nous ne sommes même pas musulmans, pour eux nous sommes des mécréants, nous les musulmans de France. »
Des prières chrétienne et bouddhiste
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Anaïs, venue avec deux amies, n’a pu s’empêcher de venir se recueillir : « Je ne pouvais pas rester chez moi sans venir ici, en hommage aux gens tués. Il faut que l’on soit tous ensemble, soudés. » L’union, c’est ce qui est visible aujourd’hui. Un groupe de touristes américains commence à prier, une prière chrétienne. Un, deux puis vingt personnes s’ajoutent à ce rassemblement spirituel qui appelle à l’unité, au pardon, au souvenir et à la paix. De l’autre côté de la place, des moines bouddhistes en tenue orange entament une prière. La foule les entoure, sans rien comprendre, ils sont tous là, ensemble. L’encens est ensuite allumé, d’autres bougies brillent.
Il fait presque nuit. Le monde est encore plus grand. Sortis des cours ou du travail, les Français veulent se rejoindre. Malgré l’interdiction de se rassembler, l’envie de trouver du réconfort auprès des autres, de trouver une épaule sur laquelle pleurer ou au contraire de trouver quelqu’un pour discuter et pourquoi pas rire est plus forte que tout. Tout le monde à peur qu’une autre attaque vienne frapper la capitale et la Seine-Saint-Denis. Tout le monde est sous le choc et ne réalise pas encore ce qu’a subit notre pays. Mais une chose est sûre dans la tête de la plupart des gens présents place de la République : il faut rester debout et faire hommage aux innocents qui nous ont quitté.
Inès El Laboudy

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