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Les morts ne parlent plus, leur descendance, oui. La famille d’Aimé Césaire ne veut pas que le nom de son illustre aïeul, décédé le 17 avril dernier, soit associé à une cérémonie récompensant des artistes afro-caribéens. A Fort-de-France, où le poète repose en héros national, des voix se sont élevées pour empêcher la tenue des prochains « Césaire », le 23 septembre en principe, au théâtre du Châtelet, propriété de la mairie de Paris. Des parents du défunt, ainsi que le maire du chef-lieu martiniquais, Serge Letchimy, ont fait savoir qu’ils désapprouvaient l’intitulé de la manifestation, qui gagne cette année des galons et plus d’argent, grâce à l’entrée en lice, non sans arrière-pensées politiques (le « vote noir » en 2012), de la mairie de Paris et de son chef Bertrand Delanoë parmi les organisateurs. La municipalité sort 100 000 euros de sa poche. 

Les descendants d’Aimé Césaire estiment un peu « cheap » de donner le nom du poète à une manifestation sans doute trop show-biz à leur goût. Il semblerait par ailleurs qu’ils aient souhaité avoir un certain contrôle sur le déroulement et les finances de l’événement.

Pour éviter tout conflit, le fondateur des « Césaire », Frank Anretar, préfère renoncer à sa marque de fabrique, quand bien même deux éditions de l’événement, sous ce nom-là et avec l’accord d’Aimé Césaire, ont déjà eu lieu, en 2006 et 2007. Le comité d’organisation s’est résolu à changer l’intitulé de l’événement. Ce sera : « Les Trophées de la négritude », concept cher à Césaire et Senghor. Ils récompenseront des chanteurs, musiciens, écrivains et cinéastes, d’Afrique francophone et des Antilles. La mairie de Paris, condition à sa participation financière, a fait adopter une charte contre l’homophobie, l’antisémitisme, le racisme et le sexisme, un chanteur antillais récompensé en 2007 ayant écrit une chanson contenant des paroles dirigées contre les homosexuels.

Le CRAN (Conseil représentatif des associations noires) fait également son entrée dans le comité d’organisation des « Trophées de la négritude » (désormais ex-« Césaire ») en la personne de Louis-Georges Tin, son porte-parole. Ce dernier, co-auteur du  « Dictionnaire de l’homophobie » et fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, est un proche de Bertand Delanoë.

La disparition d’Aimé Césaire a réveillé les consciences et déclenché des vocations.

Antoine Menusier

Antoine Menusier

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