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Six ans jour pour jour après la fuite de Bambino Ferrari de la prison de Nanterre, une nouvelle évasion spectaculaire a eu lieu mercredi dans la nuit du 7 au 8 janvier. Condamné en décembre dernier par la Cour d’assises de Bondy à sept ans de prison ferme pour complicité d’évasion, l’avocat le plus sulfureux de France, comme on aime à le décrire, se fait à son tour la belle. Très tôt ce matin, le directeur de la prison de Fleury-Mérogis a tenu une conférence de presse.

Une évasion minutieusement préparée. C’est aux environs de 22 heures que les alarmes de la maison d’arrêt retentissent. Dans l’aile ouest du bâtiment D, un véritable scénario digne d’un film de Don Siegel se joue. Quelques heures plus tôt, l’ex-avocat de Bambino Ferrari, Krimo Méchoui se plaignant de forts maux de tête et après de nombreux vomissements, demande, comme c’est son droit, de voir au plus vite un médecin. Une heure et trente minutes plus tard, il obtient une visite médicale d’urgence. Le diagnostic du médecin est sans appel. Un caillot de sang progresse dans le cerveau de Krimo Méchoui. Si rien n’est fait, ce dernier risque une rupture d’anévrisme. Un hélicoptère d’aide médicale d’urgence se pose sur le toit de la maison d’arrêt quelques instants après. Mais celui-ci ne se dirige pas vers l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière comme prévu. Trop tard, le détenu s’est enfui. Il a visiblement réussi à berner le personnel de la prison.

Premiers éléments de l’enquête de police. Moins de 24 heures après la fuite de Krimo Méchoui, le directeur de la prison de Fleury-Mérogis, Michel Sapin, n’a aucun doute sur le fait que des complices sont impliqués dans cette évasion surprenante : « Le médecin qui a examiné Krimo Méchoui a pratiqué un faux diagnostic, lequel constitue le véritable déclencheur et a permis une sortie de cellule exceptionnelle du détenu », déclare-t-il. De son côté, le chef des services secrets révèle « un plan d’évasion préparé de longue date et soigneusement orchestré par au moins cinq personnes, parmi lesquelles le médecin et le pilote de l’hélicoptère qui a transporté Krimo Méchoui ». Le médecin soupçonné de complicité, qui a exigé un suivi de son patient, s’est lui aussi enfui par la voie des airs. Il travaillait pour la maison d’arrêt depuis trois mois, « ce n’est pas un hasard s’il avait expressément demandé à être muté là », précise Michel Sapin.

Il va sans dire que cette évasion a surpris tout le monde, à commencer par l’un des avocats de Krimo Méchoui, Me Mayer. Sa dernière visite au parloir date de deux semaines. Il avait rendu visite à son client pour lui faire part de l’avancement de la procédure d’appel contre le verdict qui a mené Krimo Méchoui derrière les barreaux le 15 décembre. Me Mayer se souvient d’un Krimo Méchoui « amaigri par sa grève de la faim, peu bavard et désillusionné ».

L’enquête de police avance à petits pas. Le procureur de la République d’Evry a lancé un mandat d’arrêt visant tous les protagonistes présumés de l’évasion.

Hanane Kaddour

Hanane Kaddour –

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