Lamine Dieng, un jeune homme noir de 25 ans du XXe arrondissement de Paris, serait mort d’un arrêt cardiaque dans un fourgon de la police, dans la nuit du 16 au 17 juin. Il avait été interpellé dans un hôtel peu auparavant, suite à une plainte pour tapage nocturne. Trente-six heures auront été nécessaires pour prévenir la famille du décès. Les forces de l’ordre soutiennent que c’est le temps qu’il a fallu pour identifier le corps, tout en ajoutant que la victime était bien connue de leurs services. L’acte de décès a été déclaré une demi-journée avant d’avertir la famille, qui n’a pu voir la dépouille qu’au lendemain de cette annonce. Enfin, pas toute la dépouille, seulement la tête, à travers une vitre. L’Inspection générale des services a indiqué aux proches qu’une autopsie avait déjà été pratiquée et qu’aucune trace de suffocations n’avait été trouvée, ce qui, selon l’IGS, accréditerait l’origine naturelle de la mort. La famille n’a pas eu plus de précisions. Beaucoup d’ombres demeurent dans cette affaire, et malgré les demandes d’éclaircissement et de contre-expertise de la famille et du quartier, c’est seulement mercredi 11 juillet, soit 25 jours après le décès de Lamine, qu’un juge vient d’être désigné pour enquêter sur toute l’histoire. Quand on jette un caillou, on est jugé le lendemain, mais lorsqu’il y a un mort dans un fourgon de police, la justice est nettement moins pressée d’agir.

Chou Sin, Essi Gnaglom

Dans l’audio ci-après, Ramata Dieng, l’une des sœurs de Lamine, livre une version détaillée des faits portés à sa connaissance. Elle doute fortement de l’origine naturelle de la mort de son frère. Ramata_dieng_raconte.mp3
 

Chou Sin

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