Mardi 22 avril. Il est 19 heures, une Clio blanche et une grosse moto se percutent. Un fait divers apparemment banal. Si ce n’est que cet accident se déroule à Villiers-le-Bel, à quelques mètres du lieu de la collision entre une voiture de police et une moto, dans laquelle Larhami et Moshin ont trouvé la mort fin novembre 2007, suivie des émeutes que l’on sait. Et l’événement, à nouveau, est dramatique. Le motocycliste se trouvait hier soir entre la vie et la mort.

Selon nos informations, un jeune d’une vingtaine d’années conduisait la Clio. C’est en voulant entrer dans le parking des Burteaux, qu’il aurait été heurté violemment par une moto conduite par un père de famille habitant la cité la Cerisaie. Sitôt après, des jeunes du quartier aurait porté secours au motard, grièvement touché, tandis que d’autres venaient en aide à Johnny, plus légèrement atteint.

Les premiers secours des pompiers sont arrivés, accompagnés d’une importante escorte de forces de police, montrant ostensiblement bombes lacrymogènes et matraques. Devant l’état dramatique du motard, les pompiers ont immédiatement débuté un massage cardiaque.

La centaine de personne réunie autour du lieu de l’accident est calme et silencieuse, mais on ressent une certaine tension, accentuée par le fait que des témoins affirment que les pompiers seraient arrivés sur les lieux de l’accident trente minutes seulement après le premier appel au secours, alors que la caserne se trouve à deux minutes de là. Or, selon toute vraisemblance, les secours sont arrivés très vite.

Les gens sont choqués par ce drame, certains pleurent, se remémorant la mort de Larhami et Moshin. D’autres sont plus mystiques, évoquent la sorcellerie. Pour eux, cette route est maudite, il faut la détruire. En plus des badauds, on distingue dans cet attroupement des élus de la mairie de Villiers-le-Bel, qui tentent de raisonner les jeunes et surtout d’étouffer cette folle et très probablement fausse rumeur sur la prétendue lenteur des secours. Ils ne veulent pas de nouvelles flammes à Villiers-le-Bel. Le commissaire de police intervient rapidement lui aussi sur les lieux de la collision, débutant l’enquête sans tarder, pour montrer aux habitants de la commune qu’il agit.

Les jeunes sont calmes et sages. Le silence est pesant. On n’entend qu’un seul bruit, celui de la machine électrique appliquant le massage cardiaque au motard blessé. Une heure plus tard, les secours et les policiers quittent le quartier.

Chaker Nouri

Chaker Nouri

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