Quand on se balade dans le centre-ville de Bondy, on ne peut pas passer à côté des affiches situées en face du parvis de la mairie, sur le trottoir opposé, publicitant la nouvelle implantation d’éco-quartiers. Bon nombre d’entre-nous se sont demandés ce que ce genre d’aménagement pouvait avoir de plus que nos bons vieux quartiers.

A l’heure ou l’écologie est devenue une préoccupation nationale, le développement durable est l’outil écologique majeur. L’immobilier est au centre de ce nouveau processus politique et économique. L’éco-quartier est censé être la solution miracle d’une France plus propre, améliorant la qualité de vie des Français.

Importé des pays d’Europe du nord (Danemark, Suède, Allemagne) cet urbanisme durable pousse les collectivités territoriales françaises vers une nouvelle ère. Ces quartiers ont non seulement pour but de relancer une diversité sociale au sein d’un quartier, mais également de maitriser les impacts sur l’énergie, les déchets(3), la pollution et l’occupation des sols tout en instaurent un climat de vie favorable par la création d’espaces verts(5).

La révolution se distingue par une technologie au service de l’écologie par le biais d’énergies propres, tels que des panneaux photovoltaïques(1), le gaz naturel ou des pompes à chaleurs sur eau(4). Un aménagement plus responsable grâce à un Plan de Déplacement Urbain(2) tourné vers les modes de transports doux favorisant les passages piétons, les pistes cyclables ou encore des voies bus. Tout ceci boosté par une volonté d’impliquer les habitants à devenir des citoyens investis.

L’éco-quartier de Bondy sera implanté à proximité du Canal de l’Ourcq. Ne dérogeant pas à la règle, il laissera un passage piéton et une piste cyclable sur la berge du canal qui se poursuivra sur les 4 autres communes s’associant à ce type de projet (Pantin, Bobigny, Noisy-le-Sec et Romainville). Ce périmètre longtemps abandonné aux entreprises et commerces verra apparaître environs 1 000 logements nouvelle génération, afin de créer une mixité sociale et économique. L’ancienne Route Nationale 3 s’offrira une nouvelle jeunesse avec la mise en place d’une ligne d’autobus. Un quartier en somme vivant, et bien desservi, si l’on comptabilise la proximité avec les nombreux bus aux alentours, ainsi que les autoroutes A3 et A86. Concernant l’immobilier, on ne connait pas encore tous les éléments constitutifs liés à la construction des bâtiments.

Sur le papier, l’éco-ZAC du canal de l’Ourcq parait idyllique. Ne nous y trompons pas : ici, le terme éco signifie bien écologique, et non économique. Car selon les maîtres d’ouvrages les coûts de réalisation sont de 13 à 17% plus onéreux que la réalisation d’un quartier classique. D’autant plus que les loyers sont généralement plus élevés. Même si, sur le long terme les ingénieurs s’accordent à dire que les locataires économiseront sur les coups énergétiques.

Concernant la mixité, si l’on se réfère aux différents éco-quartiers déjà réalisés sur le territoire français, comme la ZAC de Bonne à Grenoble (lauréat du projet EcoQuartier 2009), les habitants ont tendances à vivre en semi autarcie. Ayant le plus souvent le même profil socioprofessionnel, ils cherchent à avoir le moins de liens possibles avec la ville en terme de gouvernance politique. Ce phénomène tend à former une certaine ségrégation pouvant laisser apparaître une organisation spatiale polynucléaire.

J. Parat

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