Ensemble, faisons résonner la voix des quartiers populaires.

Soutenez le média libre qui raconte des histoires qu'on n'entend pas ailleurs.

Je fais un don



Dans l’article « Souleyman : je ne suis pas né délinquant », paru sur le Bondy Blog vendredi 22 octobre, je retranscrivais le témoignage de Souleyman (prénom modifié), un garçon de 18 ans habitant Clichy-sous-Bois. Je l’avais rencontré la première fois le 27 octobre 2009, lors d’un rassemblement à la mémoire de Zyed Benna et Bouna Traoré, les deux adolescents morts électrocutés dans un transformateur EDF de Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2005. Depuis, nous sommes restés en contact et nous sommes revus à plusieurs reprises.

Lors de cette première rencontre, Souleyman m’avait affirmé être le cousin de Bouna et avoir été présent lors du drame qui a coûté la vie aux deux garçons. Je n’ai pas prêté plus attention à ces deux éléments d’information, ce qui m’interpellait chez lui, c’était son parcours de vie.

Au mois de septembre 2010, en conférence de rédaction du Bondy Blog, le rédacteur en chef Antoine Menusier a proposé aux blogueurs de retrouver d’anciens participants aux émeutes des banlieues de 2005 et de leur faire raconter leur itinéraire depuis ces événements marquants. J’ai alors demandé à Souleyman de témoigner, de façon anonyme s’il le désirait. Il a accepté et je l’ai interviewé début octobre. Je ne cherchais là en rien à faire un scoop. Mon seul objectif était de rapporter honnêtement le témoignage de ce jeune homme dont je n’avais pas de raison de mettre en doute la parole. Il me semblait que son histoire pouvait apporter un éclairage intéressant sur la jeunesse de Clichy-sous-Bois.

Le jour de la parution de l’article « Souleyman : « Je ne suis pas né délinquant » », j’ai appris par les avocats des familles de Zyed et Bouna, Mes Mignard et Tordjman, que ce témoignage était fortement sujet à caution. Selon les deux avocats, la version fournie par Souleyman, selon laquelle il aurait été présent au moment du drame le 27 octobre 2005, ne correspond pas à la réalité.

Surpris, j’ai appelé Souleyman pour lui demander des explications. Ce dernier maintient avoir été sur les lieux du drame et ajoute s’être « peut-être mal fait comprendre ». Face à trop d’éléments incertains, la rédaction a décidé de supprimer le témoignage de Souleyman.

Je tiens à présenter mes excuses aux familles Traoré et Benna, ainsi qu’aux lecteurs du Bondy Blog, et regrette que le témoignage précédemment publié ait pu troubler le bon déroulement d’une affaire judiciaire en cours.

Aladine Zaïane

Aladine Zaiane

Articles liés

  • Affaire Emmodem : l’Algérienne qu’on croyait connaître

    Une mère voilée, un père sous OQTF, du « sang DZ » et de l’islamophobie : il n’en fallait pas beaucoup pour donner vie à l’alter ego algérien inventé par la streameuse Emmodem. Une affaire qui en dit peut-être autant sur son autrice que sur les clichés qui ont permis d’y croire.

    Par Sofiane Zerouala
    Le 28/08/2026
  • Racisme au travail : ces violences qui abîment la santé mentale

    Au printemps, l'Institut d'études et d'actions citoyennes (IEAC) organisait un colloque consacré aux discriminations raciales au travail et à leurs conséquences sur la santé mentale. Professionnel·les de santé mentale, juristes, représentant·es syndicaux et salarié·es se sont retrouvés pour mieux reconnaître et combattre ces violences.

    Par Farah Rhimi
    Le 06/08/2026
  • Peut-on encore aimer cette Coupe du monde ?

    Passionnés de football, ils ont grandi au rythme des Coupes du monde et des exploits de leur sélection. Mais cette édition les place face à un dilemme : continuer à vibrer pour leur équipe ou prendre leurs distances avec une compétition débordée par les enjeux politiques, économiques et sociaux. Entre boycott, culpabilité et plaisir contrarié, ils racontent leurs tiraillements.

    Par Aya Alkhiyari
    Le 14/07/2026